Parce que c’etait lui…Parce que c’etait moi

Posté par sylvie le 29 novembre 2007

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Qu »ont en commun Jules et Jim, Montaigne et la Boetie, Le Petit Prince et le Renard si ce n’est d’avoir rencontré un véritable ami ?

Complicité, fidélité et solidarité caractérisent ce lien étonnant qui unit les hommes par delà les pays, les années et les guerres, Les grands écrivains de la littérature mondiale – La Fontaine, Zola, Camus ou Fred Uhlman – ont exploré les multiples facettes de l’amitie et décrit avec sensibilité des moments partage!

Pour le plaisir :  Antoine de St Exupery – Le Petit Prince

C’est alors qu’apparut le renard :

- bonjour, dit le renard

-bonjour, répondit poliment le petit prince,qui se retourna mais ne vit rien.

-je suis là, dit la voix, sous le pommier

-Qui es tu ? Dit le Petit Prince. Tu es bien joli…

-Je suis un Renard, dit le renard

-Viens jouer avec moi,lui proposa le Petit prince, je suis tellement triste….

-Je ne puis pas jous jouer avec toi, dit le Renard, je ne suis pas apprivoisé…

-ah, pardon ! fit le Petit prince, mais apres réflexion, il ajouta:

-Qu’est ce que signifie  » apprivoiser »

- tu n’es pas d’ici, dit le renard, que cherches tu?

-Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu’est ce que signifie « apprivoiser »

–les hommes, dit le renard! ils ont des fusils  et ils chassent! c’est bien genant. Ils élevent aussi des poules : c’est leur seul interêt! tu cherches des poules?

-non, dit le Petit Prince,je cherche des amis! que signifie  » apprivoiser »

-c’est une chose trop oubliée dit le renard, ca signifie » créer des liens »

-créer des liens ?

-bien sur, dit le renard. T u n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoi de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cemt mille renardss. Mais si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde, je serai pour toi unique au monde…

-je commence à comprendre,dit le petit prince. Il y’a une fleur, je crois qu’elle m’a apprivoisé.

-c’est possible dit le renard. On voit sur la terre toutes sortes de choses.

-Oh ce n’est pas sur la terre,dit le petit prince

-le Renard parut intrigué

-sur une autre  planete ?

-Oui

-il y’a des chasseurs sur cette planete là ?

- non

-ça , c’est interessant! et des poules ?

- Non

-Rien n’est parfait soupira le renard

Mais le renard revint à son idée

« ma vie est monotone…je chasse les poules , les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m’ennuie donc un peu. Mais si tu m’apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaitrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m’appellera hors du terrier, comme une musique! eh puis regarde!!! tu vois la bas ?  les champs de blé ? je ne mange pas de pain.. Le blé pour moi ne me rappellent rien! et ça c’est triste.  Mais tu as des cheveux couleur d’or. Alors ce sera merveilleux quand tu m’auras apprivoisé! le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi! et j’aimerai le bruit du vent dans le blé …. »

Le renard se tut, et regarda longtemps le petit prince

- s’il te plait, apprivoise moi …

- je veux bien, répondit le petit prince, mais je n’ai pas beaucoup de temps. J’ai des amis à découvrir,  et beaucoup de choses à connaitre.

-On ne connait que les choses que l’on apprivoise, dit le renard. Les hommes n’ont plus le temps de rien connaitre. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’existe point des marchands d’amis,les hommes        n’ont plus d’amis. Si tu veux un ami, apprivoise moi..

- que faut il faire ? dit le petit prince.

-Il faut être tres patient, repondit le renard. Tu t’assoiras d’abord un peu loin de moi, comme ça, dans l’herbe. Je te regarderai du coin de l’oeil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus… Mais chaque jour, tu pourras t’asseoir un peu plus près.

Le lendemain revint le petit prince.

-Il eut mieux valu revenir à la meme heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple , à quatre heures de l’après midi, dès trois heures je commencerai d’être heureux…  Plus l’heure avancera , plus je me sentirai heureux… A quatre heure déjà je m’agiterai et m’inquieterai.  » je découvrirai le prix du bonheur! mais si tu viens n’importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m’habiller le coeur, il faut des rites…..

- – qu’est- ce qu’un rite ? Dit le petit prince

- c’est aussi quelque chose de trop oublié, dit le renard! c’est ce qui fait qu’un jour est différent des autres jours, une heures des autres heures. Il y’a un rite, par exemple chez mes chasseurs. Ils dansent le jeudi avec les filles du village. Alors le jeudi est jour merveilleux; je vais me promener jusqu’à la vigne. Si les chasseurs dansaient n’importe quand, les jours se  ressembleraient tous, et je n’aurai point de vacances….

Ainsi le petit prince apprivoisa le renard; et quand l’heure du départ fut proche:

-ah dit le renard, je pleurerai

-c’est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t’apprivoise.

-bien sur ,dit le renard;

-mais tu vas pleurer ?

-bien sur dit le renard!

-alors tu ne gagnes rien dit le petit prince

-j’y gagne dit le renard, à cause de la couleur des blés…Puis il ajouta :va revoir les roses, tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d’un secret.

Le petit prince s’en fut revoir les roses:

 » vous n’etes pas du tout semblables à ma rose, nvous n’etes rien encore, leur dit il!personne ne vous a apprivoisées et vous n’avez apprivoisé personne. Vous etes comme était mon renard. Ce n’etait qu’un renard semblable à cent mille autres. Mais j’en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde »

Et les roses étaient bien génées.

« vous etes belles, mais vous êtes vides, leur dit  il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sur, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu’elle vous ressemble. Mas à elle seule, elle est plus importante que vous toutes, puisque c’est elle que j’ai arrosée. Puisque c’est elle que j’ai mise sous globe. Puisque c’est elle dont j’ai tué les chenilles.puisque  c’est elle que j’ai écoutée se plaindre, ou se vanter ou meme quelquefois se taire! puisque c’est ma rose.

Et il revint vers le renard :

- adieu, dit il …

- adieu, dit le renard, voici mon secret. Il est tres simple : on ne voit bien qu’avec

 le coeur. L’essentiel est invisible pour les yeux.

-l’essentiel est invisible pour les yeux, répeté le petit prince afin de se souvenir

-c’est le temps que tu as perdu  pour ta rose, qui fait ta rose si importante.

- c’est le temps que j’ai perdu pour ma rose, fit le petit prince, afin de se souvenir.

-les hommes ont oublié cette vérité dit le renard,mais tu ne dois pas l’oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé.Tu es responsable de ta rose.

-je suis responsable de ma rose, répeta le petit prince, afin de se souvenir.

                                                       ANTOINE DE SAINT-EXUPERY

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