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JEAN FERRAT

Posté par sylvie le 4 décembre 2007

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.Jean Ferrat

Amour, tendresse, combat, Jean Ferrat reste toute sa carrière un homme fidèle à ses engagements. Admirateur du poète Aragon, compagnon de route du parti communiste, Ferrat déclare que « la femme est l’avenir de l’homme ». En marge du show business, chacune de ses apparitions est désormais un événement.

Jean Tenenbaum, futur Jean Ferrat, naît le 26 décembre 1930, à Vaucresson dans la région parisienne. Il est le plus jeune d’une famille modeste de quatre enfants élevés par un père joaillier et une maman fleuriste. En 1935, ses parents s’installent à Versailles où quelques années après Jean entre au Collège Jules Ferry. Lorsque la Deuxième Guerre mondiale éclate, son père est déporté. A 15 ans, Jean quitte le lycée pour travailler afin d’aider un peu sa famille. Il commence parallèlement des études de chimie, mais déjà son attirance pour la musique et le théâtre se dessine très nettement.
Dès le début des années 50, il entre dans une troupe de théâtre et commence à fréquenter les cabarets. Il compose quelques titres et devient guitariste dans un orchestre de jazz. A partir de 52, il passe des auditions sous le nom de Jean Laroche mais sans trop de succès. Cependant, il décide de se consacrer entièrement à la musique et abandonne ses études et son travail.

En 1956, il met en musique un poème de Louis Aragon, « Les yeux d’Elsa ». Jean Ferrat voue une grande admiration au poète français dont, tout au long de sa carrière, il chantera nombre de poèmes. Son éditeur de l’époque a l’idée de faire interpréter ce titre par André Claveau, chanteur très populaire dans les années 50, ce qui apporte au jeune artiste un début de notoriété. Les engagements ne se multiplient pas pour autant. Mais en 1957, il décroche un vrai contrat au cabaret La Colombe où il fait la première partie de Guy Béart avec la chanteuse également débutante, Anne Sylvestre.

En 1958, il enregistre un tout premier 45 tours, mais qui ne connaît guère de succès. Cette même année, une jeune chanteuse du nom de Christine Sèvres interprète certains de ses titres. Elle devient sa compagne, puis son épouse en 61.

Un chanteur engagé

Les événements s’accélèrent pour Jean Ferrat qui en 1959 rencontre celui qui restera jusqu’à aujourd’hui son éditeur et son ami, Gérard Meys. Grâce à cette rencontre, il signe un contrat chez Decca. Puis en 1960, sort son second 45 tours de quatre titres dont « Ma Môme », chanson populiste qui lui vaut son premier succès en radio. Sur le même disque, on trouve aussi un titre consacré à Federico Garcia Lorca, poète espagnol auquel il consacrera d’autres textes et dont il chantera également les poèmes. Ces deux titres illustrent bien les deux directions que prend l’œuvre de Ferrat soit d’une part un répertoire consacré à l’amour et à la fraternité, et d’autre part un répertoire motivé par la lutte contre toute forme d’oppression. Ces deux aspects se recoupent d’ailleurs bien souvent, mais l’engagement politique et humaniste du chanteur reste une caractéristique majeure de son travail. Proche du parti communiste, il gardera toujours un jugement très critique vis à vis de l’Union soviétique. Cet aspect de sa carrière lui vaudra de nombreux ennuis avec la censure et les autorités, mais fort d’une personnalité sincère et intègre, Jean Ferrat ne cessera jamais de s’exprimer sur les sujets qui le révoltent.

En 1961, Jean Ferrat est engagé pour six mois à l’Alhambra dans le spectacle de la chanteuse et danseuse Zizi Jeanmaire. Il sort également son tout premier 33 tours qui lui vaut le Prix de la SACEM (Société des Auteurs Compositeurs). Cette fois, sa carrière est lancée mais le succès public n’est pas encore vraiment au rendez-vous. En 1962, il part en tournée à travers la France et obtient de nombreux prix : le Prix Henri Crolla pour la chanson « Federico Garcia Lorca », le Prix de la Société des Auteurs et le Grand prix de l’Académie nationale du Disque. La reconnaissance professionnelle est incontestable. Le public commence à s’intéresser réellement à lui avec la chanson « Deux enfants au soleil » tirée du premier album et aussi rendue célèbre par l’interprétation d’Isabelle Aubret.

Le second 33 tours qui sort en 62 obtient un léger succès, mais c’est en 1963, l’album « Nuit et brouillard » qui marque un vrai démarrage. Ce titre, qui évoque la déportation, reste un titre majeur de son répertoire et marque fortement les esprits jusqu’à aujourd’hui. La diffusion de la chanson est plutôt « déconseillée » aux radios, mais le public ne reste pas indifférent à la force des propos de Jean Ferrat. Cet album, entièrement écrit par Ferrat, obtient le prix de l’Académie Charles Cros.

En 1964, sort un autre de ses plus fameux succès, « La Montagne ». Cette chanson, extraite de l’album du même nom, évoque l’Ardèche, région de France chère au cœur de Jean Ferrat qui s’installe cette année-là dans le village d’Antraigues qu’il ne quittera jamais.

En janvier 1965, il passe en vedette à l’Alhambra. Un nouvel album sort également avec le titre « Potemkine » qui provoque à nouveau un débat d’idées autour du communisme et de l’Union soviétique que Ferrat égratigne dans son texte. Cette chanson, interdite de télévision en France, l’empêche également d’effectuer un voyage en URSS peu après.

Cette même année, il varie un peu son travail en écrivant la musique de deux films dont celui de René Allio, « La Vieille Dame indigne ». Puis en janvier 1966, il remonte sur scène, cette fois à Bobino.

1967 : voyage à Cuba

En 1967, Jean Ferrat effectue un voyage à Cuba qui le marque artistiquement, politiquement et humainement. Le séjour dure deux mois et demi et Ferrat y donne une dizaine de concerts. Dès son retour, après un passage au Mexique, il enregistre un album fortement empreint de cette expérience. Les titres qui en ressortent sont « Santiago » et « Guerilleros ». C’est également suite à ce voyage que le chanteur laisse pousser sa célèbre moustache.

L’année suivante, c’est 1968 et son célèbre mois de mai. Jean Ferrat participe à des soirées organisées pour les grévistes à Bobino. Mais lorsque les chars russes envahissent Prague en Tchécoslovaquie, il reprend sa plume pour protester. Désormais très connu, il enchaîne les tournées en Europe, en Afrique du nord et au Canada où il est très populaire.

Fou de poésie, il fait parfois appel à des écrivains et poètes pour écrire ses textes. Un de ses principaux compagnons en matière d’écriture est son ami le poète Henri Gougaud avec qui il écrit une grande partie des titres de l’album qui paraît en 1969. De leur collaboration, on retient « La Matinée », duo entre Ferrat et son épouse. Jean Ferrat connaît à travers cet album de nouveaux démêlés avec la censure autour essentiellement du titre « Ma France ».

1971 : retrouvailles avec Aragon

Outre un nouvel album en 1970, le chanteur donne douze récitals triomphaux au Palais des Sports et continue les tournées. L’année suivante, Jean Ferrat retrouve Louis Aragon et publie le célébrissime album « Ferrat chante Aragon ». Sorti dans la discrétion, ce disque se vend en quelques mois à près d’un million d’exemplaires, chiffre doublé depuis. Un deuxième disque sort la même année avec une autre version très connue d’un poème d’Aragon, « Aimer à perdre la raison ».

Las des tournées, Ferrat décide de faire ses adieux à la scène en 1972 du 6 au 29 octobre, au Palais des Sports. La même année Christine Sèvres arrête également totalement la chanson. A partir de cette époque, Jean Ferrat se fait plus rare. Ses productions discographiques s’espacent et après une ultime tournée 1973, on ne le reverra presque plus sur scène.

Fin 1975, il revient au devant de l’actualité musicale avec son album « La Femme est l’avenir de l’homme ». Le succès est énorme et 500.000 albums s’écoulent en un mois. Outre la chanson-titre, qui avec « la Montagne » est peut-être sa chanson la plus célèbre, on doit noter un texte contre la guerre du Vietnam (« Un air de liberté »), ainsi qu’un nouveau poème d’Aragon (« Dans le silence de la ville ») et d’Henri Gougaud (« Mon chant est un ruisseau »).

L’année suivante, il réenregistre une dizaine de titres de ses débuts. Puis en 1979, il sort un autre album d’anciennes chansons cette fois choisies dans sa production des années 70.

1980 : « Le Bilan »

A la fin des années 70, sa maison de distribution Barclay, propriétaire d’une grande partie de sa production, est rachetée par Polygram. A cette occasion, Jean Ferrat et son complice et éditeur Gérard Meys décident de réenregistrer la plupart de ses titres afin d’en conserver les bandes. Arrangées par Alain Goraguer, cent-treize titres sont donc réactualisés entre 1979 et 1980. En septembre 80, sortent les douze volumes réunissant ce travail. La même année, il sort un album dont il signe l’intégralité des textes et des musiques, « Le Bilan ». En quelques semaines, les ventes atteignent le million d’exemplaires. Le titre de l’album reflète le recul de plus en plus important que Ferrat prend par rapport au parti communiste. Parallèlement, on trouve sur cet album de magnifiques chansons d’amour et de tendresse telle « L’amour est cerise ».

En 1981, il reçoit le Diamant de l’année pour l’ensemble de son œuvre.

Après le décès de son épouse Christine Sèvres en novembre 81, Jean Ferrat se retire quelques années avant d’enregistrer un nouvel album qui sort en 1985, « Je ne suis qu’un cri ». Les quatorze textes du disque sont entièrement écrits par Guy Thomas, poète et professeur de Lettres. Cette année-là, Jean Ferrat fait également un retour médiatique très remarqué et très commenté dans une émission spéciale concoctée par Bernard Pivot, le journaliste littéraire le plus célèbre de la télévision française.

La lutte pour la chanson française

En 1990, la SACEM lui remet sa médaille d’or. Puis, Ferrat sort l’année suivante l’album « Dans la jungle ou dans le zoo » dont il signe la totalité des titres. Deux ans après 1989 et le bicentenaire de la Révolution française, Ferrat évoque cet événement dans « Le Bicentenaire ». L’amour est toujours au rendez-vous avec « Chante l’amour » ou « Mon amour sauvage », quant au titre de l’album, il illustre à nouveau la face politique de son œuvre en évoquant le monde capitaliste (« la jungle ») et le monde communiste (« le zoo »). Comme en 1985, une émission de télévision est à cette occasion spécialement montée autour de l’événement que représente la rentrée de Jean Ferrat, artiste de plus en plus rare et pourtant éminemment populaire et apprécié d’un large public. Près de vingt ans après avoir quitté la scène, cette émission permet à Ferrat d’interpréter une quinzaine de ses titres entouré d’un orchestre de quarante musiciens dirigés par Alain Goraguer.

Après une intégrale 61-91 qui sort en 1991, Jean Ferrat se consacre au premier volume d’une intégrale Ferrat/ Aragon qui sort en 92, suivi en 1995 d’un deuxième volume de seize nouveaux poèmes. Le disque se vend très bien et devient Disque de platine (300.000 exemplaires vendus). Ce succès s’accompagne d’une tournée au Québec en 1995.

Alors qu’on ne l’avait pas revu sur une scène française depuis 1972, Ferrat chante en public lors d’un petit festival du sud de la France, à Alès, le 8 août 98. En fait, le chanteur n’interprète qu’un seul titre à la fin d’un concert donné en son honneur et au cours duquel une chorale de 700 choristes reprend ses plus grands succès. Deux ans plus tard, c’est le Festival de Barjac dans le Sud de la France qui est à l’honneur de Jean Ferrat. De nombreux invités chantent son répertoire dont Isabelle Aubret.

En 2001 et 2002, Jean Ferrat pousse quelques colères à l’encontre des médias publics. Selon lui, ils excluent volontairement de nombreux artistes français au profit d’une variété commerciale. Dans une lettre à la directrice générale de la seconde chaîne de télévision française, Michèle Cotta, puis dans quelques articles de presse, il prend en particulier la défense d’Isabelle Aubret. Très rarement invitée sur les plateaux, elle est l’emblème pour Jean Ferrat, d’une large partie de la chanson française absente de la scène médiatique au dépend de « la diversité culturelle ».

Faux retour

A la fin de l’année 2002, le chanteur sort « Ferrat en scène », enregistrement réalisé en public en 1991, avec des arrangements de son ami Alain Goraguer. En janvier 2003, il est l’invité d’une émission dominicale française célèbre, « Vivement dimanche » pour présenter ce live.

Artiste généreux, Jean Ferrat a au cours de sa carrière écrit pour quelques autres chanteurs dont Daniel Guichard (« Mon vieux »). Mais, il a surtout été très chanté par de grandes chanteuses telles Juliette Gréco ou Isabelle Aubret, son interprète la plus célèbre.

FERRAT Jean : Ma France
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De plaines en forêts de vallons en collines
Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
De ce que j’ai vécu à ce que j’imagine
Je n’en finirai pas d’écrire ta chanson
Ma France

Au grand soleil d’été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d’Ardèche
Quelque chose dans l’air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France

Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige
Et dont vous usurpez aujourd’hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France

Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
Celle qui construisit de ses mains vos usines
Celle dont monsieur Thiers a dit qu’on la fusille
Ma France

Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d’Éluard s’envolent des colombes
Ils n’en finissent pas tes artistes prophètes
De dire qu’il est temps que le malheur succombe
Ma France

Leurs voix se multiplient à n’en plus faire qu’une
Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
En remplissant l’histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France

Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstiné de ce temps quotidien
Du journal que l’on vend le matin d’un dimanche
A l’affiche qu’on colle au mur du lendemain
Ma France

Qu’elle monte des mines descende des collines
Celle qui chante en moi la belle la rebelle
Elle tient l’avenir, serré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France

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PENSEE DU SOIR

Posté par sylvie le 4 décembre 2007

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Il y’a ce qui nous tourmente plus qu’il n’est nécessaire

Ce qui nous tourmente avant qu’il ne soit nécessaire

Ce qui nous tourmente alors qu’il n’est pas absolument nécessaire

Notre douleur nous l’augmentons, nous l’anticipons, nous l’inventons.

SENEQUE

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COURANT LITTERAIRE : LE NATURALISME

Posté par sylvie le 4 décembre 2007

Zola et le groupe de Médan

Zola parle déjà des « écrivains naturalistes » dans sa préface à Thérèse Raquin en 1868; c’est à la même époque qu’il conçoit le projet des Rougon-Macquart sur le modèle de la Comédie humaine, de Balzac : ce vaste cycle romanesque forme vingt volumes, publiés entre 1871 et 1893, et raconte, comme le dit son sous-titre, l’ »histoire naturelle et sociale d’une famille sous le second Empire » et ce sur cinq générations.

Après cinq romans qui évoquent l’irrésistible ascension de personnages de bourgeois, Zola connaît un grand succès en 1877 avec l’Assommoir, qui raconte la « déchéance d’une famille ouvrière dans le milieu de nos faubourgs » (préface). Ce roman rivalise avec le réalisme documentaire et « artiste » des frères Goncourt, qui avaient publié en 1865 Germinie Lacerteux, une étude d’après nature sur la dégradation pathologique d’une servante.

C’est à l’époque de la publication de l’Assommoir que Zola réunit tous les jeudis, dans la maison de campagne qu’il vient d’acheter à Médan, près de Paris, un groupe d’écrivains, parmi lesquels Maupassant, Huysmans, Céard, Hennique et Alexis. La pensée de ce groupe s’affirme en 1880, avec la publication d’un volume collectif, les Soirées de Médan. Parallèllement se constitue une véritable doctrine à travers les articles de Zola lui-même (le Roman expérimental, 1880). Le mouvement est porté par le succès commercial du romancier et par les attaques violentes qu’il subit de la part de la France conservatrice : « M. Zola, écrit Barbey d’Aurevilly, se vautre dans le ruisseau et il le salit. » La composition du groupe, pris en pleine tempête de scandales, varie considérablement, au gré de la « trahison » de certains membres et de l’arrivée de nouveaux adeptes.

L’histoire du naturalisme s’ancre profondément dans la première période de la IIIe République, de la « débâcle » fondatrice de 1870 au tournant des années 1890 (c’est d’ailleurs avec le second Empire que s’achève l’histoire des Rougon-Macquart). Cette époque est marquée par la volonté des républicains modérés de se réconcilier avec l’Église, par l’abandon de tout espoir de restauration monarchique, et par un « retour offensif du mysticisme contre la science », retour décrié par Marcelin Berthelot, la figure emblématique du positivisme de la « République des savants ». Zola lui-même se retrouve au centre de l’histoire politique au moment de l’affaire Dreyfus, puisqu’il prend vigoureusement parti pour Dreyfus et, avec son article « J’accuse », paru le 13 janvier 1898, fait naître la figure de l’intellectuel engagé.

La doctrine et l’écriture naturaliste

Balzac déjà avait représenté la ville comme une jungle et mis le réalisme sous le signe des sciences naturelles, mais ses romans restaient des romans de l’ »âme ». Zola, lui, légitime son entreprise littéraire par une référence systématique aux sciences de la nature : lutte pour la vie et sélection naturelle, lois de l’hérédité, démarche expérimentale et médicale.

Du point de vue de l’écriture, le naturalisme hérite des réalistes d’après 1850 tels que Champfleury ou Duranty, mais aussi du réalisme subjectif de Flaubert et surtout du souci documentaire et pourtant «artiste» des Goncourt, qui se disaient « à la fois des physiologistes et des poètes ». Pour se documenter, Zola fit un nombre important de lectures, mais il mena également de nombreuses enquêtes sur le terrain (les Carnets de ces enquêtes ont été publiés) : cette méthode lui a valu d’incarner à jamais le stéréotype du romancier « observateur », qui se répandra bien au-delà du naturalisme.

L’imaginaire naturaliste

Les naturalistes se sont référés à Schopenhauer pour son pessimisme joyeux et surtout son idée d’une «volonté» amorale qui alimenterait la vie et ne se suspendrait que dans la contemplation esthétique. Cette force vitale, sous la forme de l’ »instinct », du « tempérament », de la « fêlure héréditaire », de l’appétit, du désir, c’est-à-dire en fin de compte de la nature, est au coeur de l’imaginaire naturaliste.

Quand le personnage du roman naturaliste est coupé de cette nature, sa vie est étouffée. Quand il est dominé par la nature, le personnage devient un « rapace », avide d’argent, de pouvoir, de vice, profondément immoral. Parfois, son instinct dévorant l’amène à la déchéance : dans l’alcoolisme ou dans la prostitution. La foi religieuse devient parfois elle-même pulsion destructrice. Tout cela nous ramène à l’idée principale du naturalisme : sous l’homme social se cache la bête.

Gilles Deleuze a proposé une définition du naturalisme comme catégorie esthétique, caractérisée par le doublage d’un « milieu déterminé » par un « monde originaire » fait de « pulsions », qui « prolonge le réalisme dans un surréalisme particulier ».

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