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PAUL ELUARD

Posté par sylvie le 28 décembre 2007

 LIBERTE

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J’écris ton nom

Sur les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffées d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes raisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

LIBERTE

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PAUL ELUARD

Posté par sylvie le 28 décembre 2007

Paul Eluard né 25 novembre 1987 à Paris,décédé en 1997 à Chambord -

Atteint  de tuberculose à 16 ans après une enfance heureuse, il est contraint d’interrompre ses études. En Suisse, au sanatorium de Davos,il rencontre une jeune russe Helena Diakonova qu’il surnomme Gala. Il l’épouse. Son impétuosité ,son esprit de décision,sa grande culture impressionnent le jeune Eluard qui prend avec elle son premier élan de poésie amoureuse, un élan qui se prolongera dans tous ses écrits. Elle dessine son profil, et il ajoute à la main  » je suis votre disciple ». Ils lisent ensemble les poemes de Nerval, Baudelaire,Apollinaire.

Né en 1918 Paul Eluard allie la plénitude de son amour à une profonde remise en question du monde : c’est le mouvement Dada qui va commencer cette remise en question, dans l’absurdité, la folie, la drolerie et le non sens. C’est ensuite le surrealisme qui lui donnera son contenu. Juste avant les surrealistes, la dadaistes font scandale. Eluard, ami intime de Breton est de toutes les manifestations dada.

Toute la vie d’Eluard se confond par la suite avec celle du mouvement surrealiste, c’est cependant lui qui échappe le mieux à la réputation de violence et qui est le mieux accepté comme écrivain par la critique traditionnelle. Eluard se plie à la régle surréaliste résumée par cette phrase de Lautreamont :  » la poesie doit être faite par tous, non par un » . Il entre au parti communiste  avec Aragon et Breton. C’est aussi l’époque ou il publie deux recueils essentiels : « Capitale de la douleur » et  » l’amour la poésie »

En 1928 ,malade,il repart dans un sanatorium avec Gala  ou ils passeront leur dernier hiver. C’est à ce moment que Gala rencontre Salvador Dali,que Paul Eluard fait  la connaissance de Nusch, il dit à Gala  » ta chevelure glisse dans l’abîme qui justifie notre éloignement »

Les années 1931-35  comptent parmi les plus heureuses de sa vie. Marié avec Nusch, il voit en elle l’incarnation même de la femme, compagne et complice, sensible et fière. Ambassadeur du surrealisme, il voyage dans toute l’Europe. A Prague, avec Breton, ou ils sont chaleureusement accueillis, l’organe du parti communiste hongrois les présente comme  » deux poetes les plus grands de la France contemporaine ».Pendant deux années terribles pour l’Espagne, Eluard et Picasso ne se quittent guère. Le poete dit au peintre  » tu tiens la flamme entre tes doigts et tu peins comme un incendie ».

En 1943 avec Jean Lescure il rassemble les textes de nombreux poetes resistants et publie  » l’honneur des poetes », face à l’oppression les poetes chantent en choeur l’espoir, la liberté. C’est la première anthologie      d’Eluard ou il montre sa volonté d’ouverture et de rassemblement. Il est fété avec Aragon comme le grand poete de la Resistance.

Avec Nusch il mutiplie tournées et conferences. Mais pendant un sejour en Suisse il reçoit un appel l’informant de la mort subite de Nusch,d’une congestion cérébrale. Terrassé il écrit  » nous ne vieillirons pas ensemble , voici le jour en trop, le temps déborde, mon amour si leger prend le poids d’un supplice.  Quelques amis intimes lui redonnent peu à peu le dur désir de durer et il retrouve force dans l’amour de l’humanité. Son recueil  » de l’horizon d’un homme à l’horizon de tous » retrace ce cheminement qui mène EluarEn avril 48 Paul Eluard et Picasso sont invités à participer au Congres pour la paix en Pologne. En juin,il publie des  » Poemes politiques » préfacés par Louis Aragon. L’année d’apres, il participe aux travaux du congres qui se tient à Paris, puis il passe quelques jours aupres des partisans grecs retranches sur le mont Grammos face aux soldats du gouvernement grec. Il se rend ensuite à Budapest pour assister aux fetes cdu centenaire du poete Sandor Petofi. Il va ensuite à Mexico pour un nouveau congrès de la paix, il rencontre Dominique Lemor avec qui il rentre en France. Ils s’epouseront en 1951. Eluard publie cette meme annee le recueil » le Phenix » entièrement consacré à la joie retrouvée.En 1950 avec Dominique,v oyages à Prague ,Sofia, et Moscou pour des ceremonies

Le 18 Novembre 1952  a 9h du matin, Paul Eluard succombe à une crise cardiaque à son domicile. Les obseques ont lieu le 22 novembre au cimetiere du Pere Lachaise. Le gouvernement refuse les funérailles nationales. Robert Sabatier ; » ce jour là, le monde entier était en deuil ».

SON OEUVRE :

La poesie d’Eluard est d’abord une exaltation lucide du désir;  » capitale de la douleur » montre que le monde de la maladie,de la solitude et de la mort est toujours menaçant, mais c’est justement aussi ce qui donne son prix au boneur. »

L’amour « egoiste de  » l’amour la poesie peut également s’ouvrir et oeuvrer pour le bonheur de tous.  » Le dur Desir de durer » est un acte de foi envers le langage conçu comme une lumière capable de faire reculer les ténébres de la souffrance.

Chez Paul Eluard, les exigences morales épurent le mot sans jamais éluder les bouleversement de l’homme tant la logique de l’amour les soutient . Pour lui, l’amour est la grande force révolutionnaire, souligne Gaucher, il l’approfondit sans cesse , du desir charnel à l’érostisme. Passer de  » je  » à  » tu «   c’est passer à  » nous , au  » nous  » le plus vaste.     L’amour , par nécessité interieure donne à voir, donne à vivre, donne à vouloir un monde sans mutilation, s’épanouirait en investissant toutes les dimensions humaines. La seule exigence etant celle du bonheur  » Eluard :  » il ne faut pas de tout pour faire un monde, il faut du bonheur et rien d’autre »

PLUS PERSO, IL A TOUJOURS ETE MON POETE PREFERE:

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