SOCRATE

Posté par sylvie le 2 avril 2009

Thème déjà abordé , mais j’aime tout particulièrement ce philosophe…SOCRATE, L’EXEMPLE DEVENU MODELE

LE PÈRE DE LA PHILOSOPHIE

Socrate est un cas singulier dans l’histoire de la philosophie : il est le seul philosophe parmi les plus connus à n’avoir rien écrit, parent en cela de Bouddha et de Jésus , qui ne furent pas des philosophes. Platon a été son évangéliste. C’est lui, en effet, qui a fait de Socrate son maître et le père de la philosophie grecque.

Pourquoi cette position originaire ? Parce que Socrate fut le premier à centrer sa réflexion sur l’humain, et seulement sur l’humain : rien de ce qui est humain ne lui fut étranger. En ce sens, c’est bien Socrate et non les présocratiques qi fixe la philosophie dans le cadre de la pensée occidentale : la philosophie répond moins à la question de la nature des choses ( la science se chargera de cette physique) .

L’IRONIE SOCRATIQUE

Cet art de l’interrogation s’appelle ironie, parce qu’aussi la feinte n’en est pas absente.

«  La seule chose que je sais, c’est que je ne sais rien! Mais eux, les spécialistes » qui prétendent savoir, ils en savent moins moins que moi , parce qu’ils ne savent même pas qu’ils ne savent rien » disait Socrate. En d’autres termes, celui qui dit savoir ignore tandis que celui qui dit ignorer sait, car le premier ne sait même pas qu’il ignore tandis que celui qui dit ignorer sait au moins cela. Ce n’est là que l’un des paradoxes qui émaillent les ouvrages de Platon qui, presque tous, font de Socrate le personnage principal.

 

« il y’a des hommes qui peuvent plus facilement compter leurs moutons que savoir qui sont leurs amis » … SOCRATE

 

LES PARADOXES SOCRATIQUES;

POUR APPRENDRE IL FAUT DÉJÀ SAVOIR

Comment, en effet, celui qui ne saurait rien pourrait-il chercher ce qu’il ignore , On peut confirmer cette thèse par l’expérience du dictionnaire : pour prendre connaissance d’une définition d’un mot dont on ignore le sens, il faut connaître le sens des mots de la définition( si j’ignore le chinois par exemple, je ne peux saisir la moindre définition de cette langue.

IL EST MEILLEUR DE SUBIR L’INJUSTICE QUE DE LA COMMETTRE

Les sophistes qui sont les interlocuteurs de Socrate pensent que celui-ci se paie leur tête en affirmant cela. Tout dépend évidemment du sens que l’on donnera à l’adjectif «  meilleur ». Veut on dire par là le plus avantageux personnellement ou le plus conforme à l’idéal moral du bien ? Socrate prend «  meilleur «  en second sens.

LE TYRAN EST LE MOINS LIBRE DE TOUS LES HOMMES

Pour les interlocuteurs de Socrate, comme pour l’opinion commune, la liberté consiste à faire ce que l’on veut, faire ce qui plaît. Dès lors, le tyran qui peut d’un signe envoyer n’importe qui à la mort ou en exil est le plus libre des hommes. Socrate objecte à cette opinion que le tyran est l’esclave de ses passions : il n’est, littéralement parlant , même pas maître chez lui. Il est donc le moins libre des homme.

LE PHILOSOPHE MARCHE A L’ESSENCE

En toutes choses, Socrate cherche l’essence, c’est-à-dire la nature profonde des choses, au-delà des apparences et des évidences : qu’Est-ce que la beauté ? Qu’Est-ce que la justice ? Derrière le cas particulier, l’exemple contingent il faut trouver le concept : si un corps et un vase peuvent être dits beaux c’est bien qu’ils possèdent un élément commun , la qualité d’être beau qu’il faudra déterminer. Socrate fut le premier à lier de façon aussi explicite et systématique le vrai à l’universel: si une idée est vraie, elle doit l’être dans toutes les applications de même type.

Lorsqu’on demande à Hippias le sophiste ce qu’est le beau, Hippias répond : «  le beau c’est une belle femme » . Au lieu de déterminer le sens universel du beau, Hippias ne fait que citer un exemple. Mais cet exemple lui-même est incompréhensible si l’on ne sait pas ce qu’est le beau : ce n’est pas le fait qui qualifie l’idée, mais , à l’inverse, l’idée qui qualifie le fait. Il faut bien savoir au préalable ce qu’est le beau ( quelle est son essence, son idée) pour reconnaître en cette femme une belle femme.

NUL N’EST MECHANT V VOLONTAIREMENT

L’une des paroles fortes de Socrate rapportées par Platon , son disciple , constitue peut être le centre ou l’âme de sa pensée. Il y’a une telle liaison entre la pensée et l’action, entre la théorie et la pratique que c’est véritablement ignorer ce qu’est le bien que mal agir. Connaître le bien, c’est le faire , l’ignorer, c’est faire le mal. «  nul n’est méchant volontairement » ne signifie pas que l’on doive disculper le criminel ou le délinquant mais que l’action mauvaise n’est pas perverse. Au fond, Socrate ne croît pas que l’on puisse faire le mal pour le mal. Il y’a selon lui une domination du bien qui l’emporte à jamais : en fait, on agit toujours pour le bien, ne serait-ce que pour le sien propre.

LE PROCES DE SOCRATE

A la fin du Ve siècle avant J .C. , Athènes traverse une crise profonde dont elle ne se relèvera jamais réellement. La guerre contre Sparte l’a ruinée. Le parti démocratique accusé de la défaite et de la corruption a été balayé momentanément par une camarilla d’aristocrates ou Socrate comptait un certain nombre de relations. Lorsque ce gouvernement est balayé à son tour et que le parti démocratique revient au pouvoir, Socrate devient prisonnier d’un règlement de comptes ou les motifs politiques se mêlent aux motifs moraux et religieux. Des accusateurs portent alors sur la place publique des plaintes contre lui ;Trois chefs d’accusation lui furent dressés :

- Socrate ne reconnaît pas les dieux de la cité,

 

- Il veut en introduire de nouveaux

- Il corrompt la jeunesse.

Aux yeux d’un historien moderne, le procès de Socrate est de nature notablement politique : le philosophe paie pour son influence et ses relations avec un parti qui a profité des troubles dans lesquels la cité se débat pour asseoir une insupportable tyrannie. Mais les chefs d’accusation lancés contre Socrate sont moraux et religieux. L’accusation de corruption de la jeunesse vise directement l’influence, jugée pernicieuse, du philosophe auprès d’un certain nombre de jeunes gens de riches familles. Quant aux deux chefs d’accusation à contenu religieux, ils font allusion au «  démon » que Socrate disait entendre.

Mes accusateurs ont le pouvoir de me tuer, ils n’ont pas celui de me nuire. Je ferai taire les médisants en continuant de bien vivre, voilà le meilleur usage que nous puissions faire de la médisance …… SOCRATE;

 

LE DEMON DE SOCRATE

Socrate disait entendre en lui la voix d’ un démon, c’est-à-dire d’une puissance supérieure «  le mot en Grèce n’a aucune dimension diabolique) lorsqu’il était tenté de commettre une action mauvaise. La psychologie classique traduirait par «  conscience morale » le démon de Socrate., la psychanalyse parlerait de «  surmoi ».

Cela étant, il convient de ne pas «  psychologiser » à l’extrême ce démon. La notion de conscience morale qui n’apparaîtra véritablement qu’avec le christianisme, était étrangère aux Grecs qui ignoraient , l’intériorité du sujet, les profondeurs et l’intimité du «  moi ». Les mouvements internes de la pensée et de la volonté étaient alors systématiquement rapportés à des forces extérieures, personnifiés sous la forme ou figure de dieux.

LA MORT DE SOCRATE

L’émouvant récit que Pla&ton fit des derniers instants de son maître dans «  Phédon », prouve que l’on put, dans l’Antiquité, être un génie et un héros sans cesser d’être un sage. Plus tard, le christianisme verra en Socrate une espèce de saint païen ou laïc et le parallèle avec Jésus sera souvent établi: voilà deux hommes sans œuvre écrite, qui ont bouleversé l’histoire grâce à leurs paroles et à leur enseignement, deux modèles parfaits qu’une mort injuste a grandi aux yeux de tous . Avec Socrate, la philosophie a son martyr: vingt cinq siècles plus tard, la projection imaginaire fonctionne avec une certaine efficacité. Combien d’intellectuels pourtant assez choyés par l’état, ont revêtu les oripeaux des marginaux pourchassés, combien de professeurs chahutés de classe de terminales de lycée pensent à l’injustice suprême subie par Socrate pour se réconforter.

Comme à propos de Jésus, c’est peu de dire que Socrate n’a rien fait pour échapper à la mort : son orgueilleuse attitude devant les juges est même pour beaucoup dans la sentence finale. Alors que , jugé coupable à une faible majorité, il lui est demandé de fixer lui-même la peine, il répond crânement qu’il désirerait être nourri au prytanée, c’est-à-dire en somme devenir rentier de l’état comme ceux qui ont le mieux mérité.

En prison, dans les jours précédant sa mort, des amis lui annoncent que son évasion a été réglée dans ses moindres détails. Socrate refuse et leur tient un beau discours consigné par Platon dans «  Criton » dans ce morceau de bravoure connu sous le nom de «  prosopopée des lois » Socrate imagine le reproche que les lois de la cité lui feraient si lui, leur fils, leur désobéissait. Un homme doit sa vie, littéralement aux lois de la cité. Il doit par conséquent leur obéir, quoi qu’il en coûte. Fidèle aux principes selon lequel il vaut mieux subir une injustice que la commettre, Socrate boit la ciguë ( le mode d’exécution d’alors) calme et confiant devant ses amis éplorés. Pour lui, la mort est une délivrance. C’est ainsi qu’il faut interpréter le dernier chant du cygne , car cet oiseau a la conscience de l’au-delà .

Qu’Est-ce ce que craindre la mort, sinon se prétendre en possession d’un savoir que l’on n’a pas ….. SOCRATE;

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