LE MIRACLE GREC – EPICTETE

Posté par sylvie le 2 mai 2009

EPICTETE-

Aux côtés de Sénèque et de Marc-Aurèle , Epictète illustre ce nouveau stoïcisme impérial, celui de la Rome des I er et II e siècles de notre ère. Tout comme Marc-Aurèle, il écrivit en grec, ce qui confirme à la fois le caractère cosmopolite déjà de la doctrine stoïcienne, le cosmopolitisme de fait de l’Empire, mais aussi le prestige de la langue grecque.

Emmené à Rome comme esclave, il y fut affranchi par son maître, lui même esclave affranchi. A Rome il étudia la philosophie stoïcienne et à son tour l’enseigna. Chassé de Rome par un décret de l’empereur Domitien qui en bannissait tous les philosophes, il se réfugia en Eire ( face à l’Ile de Corfou)  où il dirigea une école célèbre par les diatribes qu’il y faisait entendre, exhortant avec véhémence les élèves tant à se détourner des passions pour se tourner vers la sagesse, qu’à quitter le refuge de l’école pour affronter les  » orages  » de la vie.

On doit à un de ses disciples un recueil de ces diatribes ainsi qu’un manuel ou se trouve condensé l’essentiel de l morale stoicienne.

Le manuel s’ouvre sur cette distinction fondamentale entre c qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas :

Il y’a des choses qui dépendent de nous et d’autres qui n’en dépendent pas. Ce qui dépend de nous, ce sont nos jugements, nos tendances, nos désirs, nos aversions. Ce qui e dépend pas d nous, c’est notre corps, c’est la richesse, la célébrité, le pouvoir : en un mot toutes les oeuvres qui ne nous appartiennent pas.

Parmi les choses qui dépendent de nous : la vertu ou le vice : en eux seules résident le bien véritable ou le mal véritable, tout le  reste est  » indifférent » qui n’est ni vice ni vertu.

D’où la maladie, la pauvreté, en quoi beaucoup voient le malheur- tout comme la santé, la richesse- aux yeux de tant d’hommes , le bonheur, sont à proprement parler choses  » indifférentes » et  le sage vit heureux  dont l’action présente est droite et conforme à ce qui dépend de lui. Sans passion ( agapanthie) , sans trouble ( ataraxie) le sage accepte ce qui ne dépend pas de lui..

Nul masochisme pourtant chez Epictète, mais une sérénité devant l’ordre cosmique , devant la Providence, que même si    ceux ci dépassent souvent notre compréhension, l’acquiescement pourtant n’est pas de résignation mais de collaboration  , comme en fait foi ce passage étonnant :

 » Si l’homme de bien pouvait prévoir l’avenir, il coopérerait lui même à la maladie, à la mort, à la mutilation, parce qu’il aurait conscience que, en vertu de l’ordre du monde, cette tache lui est assignée.. »

Quelques maximes :

 » Ne demande pas que ce qui arrive arrive comme tu veux. Mais veuille que les choses arrivent comme elles arrivent, et tu seras heureux ».

« Tu  ne peux à la fois prendre soin de ton âme et des choses extérieures » ..

« Quelqu’un se baigne de bonne heure : ne dis pas que c’est mal,dis que c’est de bonne heure – Quelqu’un boit beaucoup de vin : ne dis pas que c’est mal, dis qu’il boit beaucoup de vin. Car avant d’avoir reconnu comment il en juge, d’où peux tu savoir si c’est mal ? « 

 

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