LA FREGATE VIDE

Posté par sylvie le 2 juillet 2009

 

LA FREGATE VIDE

 

Si tu reviens un jour vers moi, belle frégate,

Toi dans les flancs de qui ma jeunesse, à foison

Prodigua les béryls, les sardoines,l’agate,

Dis moi , qu’auras-tu fait de cette cargaison?

 

Selon le cercle bleu des pâles longitudes

J’ai semé, diras tu, ces chers, ces purs trésors,

Leurs destins, tour à tour héroïques et rudes,

Font qu’ils dorment là bas, parmi tant d’autres morts

 

Je te reviens pourtant. Condamné, si tu l’oses,

Le seul lien qui t’attache à ceux qui ne sont sont plus

oh n’as tu donc jamais senti l’odeur des roses

Survivre encore à leurs pétales révolues?

 

Les  bijoux eux aussi survivent à leur perte

Ceux que tu chérissais ne sont plus à mon bord

Mais ma cale nocturne et ma soute déserte

Ont encore le reflet de leur lumière d’or.

 

           PIERRE BENOIT. 

 

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