MON REVE FAMILIER

MON RÊVE FAMILIER

 

 

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

d’une femme inconnue, et que j’aime et qui m’aime

Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même

Ni tout à fait une autre, et même et me comprend

Car elle me comprend, et mon coeur transparent

Pour elle seule, hélas! cesse d’être un problème

Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,

Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde, ou rousse ? -  je l’ignore

Son nom ?  je me souviens qu’il est doux et sonore

Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,

Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a

L’infléxion des voix chères qui se sont tues.

PAUL VERLAINE

Une réponse à “MON REVE FAMILIER”

  1. sandrasbz 17 janvier 2010 à 13:41 #

    Verlaine… c’est le premier poète dont j’ai lu les oeuvres ! D’autres ont suivi plus tard, mais il y en a peu qui m’ont transportée comme lui avec leurs mots !

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