LES GRANDES ENIGMES DE L’HISTOIRE

Posté par sylvie le 12 mars 2011

LE VASE DE SOISSONS

Au milieu du Vè siècle, la Gaule n’éest encore qu’une mosaïque de peuples barbares. Clovis qui hérite du petit royaume de son père n’a alors qu’une seule volonté, celle de conquérir les territoires de ses voisins, notamment ceux des Wisigoths. Mais le jeune roi des Francs décide de faire débuter sa marche en direction des Romains et de son général Syagrius qui a établi sa capitale à Soissons.

Les soldats de Clovis profitent de leurs conquêtes pour piller les lieux les  plus dangereux et réunir un butin qu’ils ont l’habitude de partager en parts égales, en tirant au sort, selon la loi de la guerre. A Soissons,  Clovis fait clairement part de son désir de recevoir un vase liturgique, propriété d’un évèque, sur la demande de ce dernier. L’un des soldats francs présent lors du partage, proteste contre cet abus et frappe l’objet convoité pour le briser. Honteux, Clovis doit rendre le vase abîmé à l’éveque et vit ce moment comme une épreuve. L’écclesiastique semble neanmoins honoré de pouvoir récupérer l’objet disparu.

Un an plus tard, en passant ses troupes en revue, Clovis se retrouve face à l’homme qui a cassé le vase. Lui reprochant la négligence de sa tenue, il jette les armes du soldat à terre  et profite du fait que celui ci se soit baissé dans le but de  les ramasser, pour le frapper mortellement à la tête avec sa hache, et lui crier  » Ainsi as tu traité le vase de Soissons ».. Tel est le récit que nous livre le prélat Grégoire de Tours dans ses dix livres d’histoire. Mais cet événement, devenu l’un des grands épisodes d’une histoire de France mythifiée, a-t-il bien existé ?

Aujourd’hui les historiens reconnaissent la probable véracité du fait mais sont également d’accord pour dire que l’altercation entre Clovis et le soldat a été délibérement exagérée par le chroniqueur, habitué aux développements oratoires et aux récits d’allure légendaire, conséquences de la nature de ses  sources d’origine orale..

Le vase, constamment regardé comme brisé, on en retrouve sa trace bien après la mort de Clovis, dans le testament de saint Remi, l’évèque de Reims dont l’identité n’avait pas été révélé. L’objet précieux, en relatif bon état, est en argent et doit être destiné à être transformé en  » un encensoir et un calice gravé de représentations. Le vase devait donc être lourd et beau..

Au delà de ces considérations, l’épisode du vase de Soissons est important car il nous informe sur les intentions de Clovis durant sa campagne militaire. Le roi des Francs impose incontestablement sa supériorité à ses guerriers en refusant le partage du butin à parts égales.. Il rappelle son droit de vie et de mort en tant que chef de guerre en frappant l’un de ses soldats. Enfin , il tente de s’attirer l’alliance du haut clergé de Gaule en répondant à la requête de saint Remi…

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