LA THERAPIE DU BONHEUR

LA VIE C’EST SAVOIR PROFITER DU MANQUE

Quand on demande aux gens pourquoi ils sont malheureux, ils répondent généralement en incriminant un manque quelconque: ils n’ont pas d’amis, ils voudraient une maison de campagne, la beauté , ou encore le pouvoir. Parfois, cette insatisfaction n’a pas d’objet clairement identifié mais une chose semble sûre à leurs yeux, ils ressentent une absence, un défaut, et en concluent que l’assouvissement de leurs désirs est le chemin royal vers le bonheur;

Ce qu’ils ne voient pas, c’est que leur sentiment de privation ne s’abolit pas dans la satisfaction mais se reporte indéfiniment sur d’autres objets. Par définition, nos désirs sont illimitéss, alors que nous sommes, nous , limités.  Le manque est donc intrinsèque à notre nature: cousin germain de la souffrance , il fait partie de l’humanité et, en conséquence, toute tentative de l’éliminer sera vouée à l’échec.  Quand on se lance dans la vie en espérant ne jamais manquer de rien, on est déjà parti perdant.

Nos désirs se renouvellent sans cesse, les assouvir n’est pas la voie royale menant ineluctablement au bonheur. Donc, le seul problème pour un être humain, c’est : comment  être heureux au milieu de tous ces manques ?  A partir de la, on pourrait dire, certes, avec certains soiciens que le meilleur moyen d’avoir accès à la paix de l’âme, ce serait d’opérer une réduction de nos désirs. Après tout, ils sont certainement plus faciles à modifier que l’ordre du monde, comme le signalait Descartes.  Mais le mot de réduction a tendance à me herisser le poil: il est synonyme de restriction et de contraction, toutes choses allant à l’encontre de notre liberté et, partant, de notre bonheur..

Combler ses désirs ou les amputer … le premier terme de l’alternation est impossible, le second m’apparaît comme un sacrifice non nécessaire.. N’existe -il pas une troisième voie ?    je crois que tout l’art d’être heureux , c’est d’accepter son manque, de l’aimer et enfin d’apprendre à s’en servir.

Etre heureux en manquant … Tache impossible ? Pas sûr. Car le manque n’est douloureux qu’autant que nous y voyons le signe de notre incomplètude  et d’un moindre être.. On oublie que le manque est aussi ce qui permet la vie. Il faut bien ménager un espace autour de l’axe du moyeu pour q ue la roue tourne. Et n’est ce pas le manque entre l’homme et la femme qui génère le plaisir ?

Dans tous les domaines d’ailleurs, il dépend de nous que le manque devienne un plaisir. Chacun reconnaîtra,  qu’il est agréable de ressentir des désirs. Avoir envie, c’est ordinaire, mais le véritable extraordinaire, c’est d’en profiter sans croire que l’on a besoin de satisfaire cette envie pour être heureux..

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