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OCEANO NOX

Posté par sylvie le 26 décembre 2015

Au-delà de nos souvenirs de récitation d’enfance j’ai souhaité faire revivre l’homme qu’était Victor Hugo, l’homme dont les poèmes sont le miroir des émotions sur toute la gamme des sentiments qu’il vécut : des premiers émois amoureux dans une Espagne vibrante de sensualité aux larmes de deuil, quand meurt sa fille Léopoldine, en passant par les poèmes pour les heures gaies..

 

Ces poèmes sont la biographie poètique d’un être exceptionnel qui communiquait avec toutes celles et tous ceux qui l’approchaient dans un élan charismatique intense..  C’est le journal de bord d’un homme qui communiquait avec les fleurs, les oiseaux, l’Océan,, les clochers des cathédrales et les plus humbles objets parce qu’il avait le don insigne de tout créditer  d’une âme… Les poèmes de Victor Hugo sont l’essence de la poèsie et l’essence même de la vie …

OCEANO NOX

Oh! combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour de courses lointaines
Dans ce morne horizon se sont évanouis!
Combien ont disparu, dure et triste fortune!
Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune
Sous l’aveugle océan à jamais enfouis!

Combien de patrons morts avec leur équipage!
L’ouragon de leur vie a pris toutes les pages
Et d’un souffle il a tout dispersé sur les flots!
Nul ne saura leur fin dans l’abîme plongée
Chaque vague en passant d’un butin s’est chargée
L’une a saisi l’esquif, l’autre les matelots!

Nul ne sait votre sort, pauvres têtes perdues!
Vous roulez à travers les sombres étendues,
Heurtant de vos fronts morts des écueils inconnus;
oh ! que de vieux parents, qui n’avaient plus qu’un rêve
Sont morts en attendant tous les jours sur la grève
Ceux qui ne sont pas revenus!

On s’entretient de vous  parfois dans les veillées
Maint joyeux cercle, assis sur des ancres rouillées
Mêle encor quelque temps vos  noms d’ombre couverts
Aux rires, aux refrains, aux récits d’aventures,
Aux baisers qu’on dérobe à vos belles futures
Tandis que vous dormez dans les goëmons verts!

On demande :  » Ou sont -ils? Sont-ils rois dans quelque île ?
Nous ont-ils délaissés pour un bord plus fertile?
Puis votre souvenir même est enseveli.
Le corps se perd dans l’eau,, le nom dans la mémoire,
Le temps, qui sur toute ombre en  verse une plus noire
Sur le sombre océan jette le sombre oubli.

tempête

Bientôt des yeux de tous votre ombre est disparue.
L’un n’at-il pas sa barque et l’autre sa charrue?
Seules, durant ces nuits où l’orage est vainqueur
Vos veuves aux fronts blancs, lasses de vous attendre
Parlent encore de vous en remuant la cendre
De leur foyer et de leur coeur.

Et quand la tombe enfin a fermé leur paupiere
Rien ne sait plus vos noms, pas même une humble pierre
Dans l’étroit cimetière où l’écho nous répond.
Pas meme un saule vert qui s’effeuille à l’automne
Pas même la chanson naïve et monotone
Que chante un mendiant à l’angle d’un vieux pont!

Où sont-ils, les marins sombrés dans les nuits noires?
O flots, que vous savez de lugubres histoires!!
Flots profonds redoutés des mères à genoux!

Vous vous les racontez en montant les marées,

Et c’est ce qui vous fait ces voix désespérées

Que vous avez le soir quand vous venez vers nous.

VICTOR HUGO

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BREVES DE PHILO

Posté par sylvie le 8 décembre 2015

Pourquoi y’a t-il quelque chose plutôt que rien ?

Le point commun entre un enfant de sept ans et un philosophe est que tous deux deux s’interrogent sur le pourquoi des choses.  La philosophie commence en effet avec cette question fondamentale  » pourquoi y’a t-il quelque chose plutôt que rien ? » L’être ou le néant, telle est la grande distinction. Entre ces deux extrêmes, il y’a moi, le monde, les autres…  Nous aurions pu ne pas être, notre existence n’était pas nécessaire, : moi, par exemple, je pouvais ne pas naitre,  mes parents auraient pu ne pas se rencontrer  etc… Il n’yavait pas de raison absolue à mon existence, pas plus qu’à celle de tout le reste. Je suis, j’existe, mais rien ne le justifie car rien ne le commandait.  Je suis advenu à l’existence par hasard et je suis ce que je suis par accident. Tout est entièrement ouvert, indeterminé… Sartre , justement disait que cette indetermination correspond au  » néant » et c est elle qui définit l’être de l’homme: l’être est néant .

L’homme  a en effet ceci de particulier, par rapport a ux choses et aux animaux, qu’il n’a pas à être quoi que ce soit, mais qu’il choisit librement ce qu’il veut être. C’est ce qui fait dire à Sartre que nous sommes condamnés à être libres. Nous ne pourrons jamais trouver le repos d’une identité, d’une existence convenue, mais nous devons avoir le courage d’admettre que nous pouvons à tout moment choisir de ne plus être celui que nous sommes pour devenir celui que nous ne sommes pas encore …

La  » mauvaise foi » selon Sarte consiste à croire que l’on a une identité fixe, un être pour la vie.  C’est là, refuser le néant qui fait notre être, c’est à dire la liberté qui gouverne notre existence. Mais rien n’est plus pesant qu’être libre , ainsi nous nous attribuons  une personnalité que nous souhaitons conserver, nous imaginons que nous sommes, au choix, drôle, amoureux, pessimiste, hotesse de l’air, pêcheur à la mouche … et que ces caractères nous définissent.. Plutôt que d’affronter cette liberté totale qui consiste  à être tout ce que nous voulons sans  jamais être quelqu’un  en particulier, nous endossons des rôles , nous jouons à etre intellectuel,  femme fatale, grand timide … Se prendre pour quelqu’un est se mentir à soi même…  C’est refuser, dirait Sartre, d’être le néant que nous sommes ….

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