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LE TEMPS

Posté par sylvie le 2 février 2016

Le temps guérit de tout  » ,  » l’erreur est humaine » ,  » personne n’est irremplaçable »… Elles sont nombreuses ces phrases toutes faites et passe partout qu’on prononce sans y penser… pourtant elles recèlent de véritables leçons de philosophie ….

ON NE PEUT PAS ETRE ET AVOIR ETE :

Le temps est ainsi fait qu’il passe, et nous avec lui : notre passé est mort et nous ne sommes plus celui que nous étions alors . Nous mourons à ce que nous étions à mesure que nous vivons ce que nous sommes.. C’est cette présence de la mort dans la vie qui fait que  » l’on ne peut pas être et avoir été « .. Nous allons mourir un jour mais nous mourrons aussi un peu tous les jours, nous mourons à l’être que nous avons été, il y’a un an ,un mois,deux jours..

 

Ou passe tout ce temps qui passe ? L’être que nous étions à six, douze, vingt ans ans a t-il irrémédiablement disparu ? L’être que je suis aujourd’hui n’est-il pas au contraire l’unité de celui que j’étais et de celui que je suis ? Même si mon passé est loin, moi je reste. Je ne meurs pas avec lui, je l’intègre à mon présent …

 

C’est Saint Augustin qui a donné l’analyse la plus pointue de ce paradoxe du présent qui contient en soi le passé et le futur «   le futur n’existe pas encore – qui le nierait ? – et pourtant l’esprit vit déjà dans son attente,  le passé n’existe plus – qui le nierait ? – et pourtant  l’esprit vit encore dans son souvenir , le présent, passage réduit à un point, n’a aucune extension – qui le nierait ? - 

 

On ne peut représenter le temps d’une existence humaine par une flèche unidimensionnelle  et linéaire. Notre être a plus d’épaisseur qu’une ligne droite  puisque dans le seul présent , je suis à  la fois celui que je je suis actuellement, celui que j’étais encore il y’a peu et celui que je serai dans quelques secondes …

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HUMOUR

Posté par sylvie le 2 février 2016

Un homme retrouve un de ses amis assis dans un fauteuil roulant pour handicapé.
- Qu’est-ce qui t’es arrivé ?
- Un accident de voiture. Les médecins ont dit que je resterai paralysé à vie.
- Mon pauvre ! C’est épouvantable !
L’autre lui fait signe de se pencher et lui glisse à l’oreille : – C’est un secret, ne le répète à personne, mais je n’ai rien. J’ai tout simulé pour toucher les cent briques de l’assurance, et ça a marché !
- Et tu vas jouer au paralytique toute ta vie pour cent briques ?
- Bien sûr que non! La semaine prochaine, je pars pour un pèlerinage à Lourdes…

 

Aux Urgences :
Un homme est transporté aux urgences à l’hôpital avec les deux oreilles sérieusement brûlées.
- Comment est-ce arrivé ? Lui demande le médecin de service.
- Figurez-vous que j’étais en train de repasser une chemise, et voilà que le téléphone a sonné.
Alors machinalement, j’ai porté le fer à mon oreille et j’ai fait : « Allô ! »
- D’accord pour l’oreille droite, je comprends, mais l’autre ?
- L’autre, c’est quand j’ai voulu appeler l’ambulance.

 

Dans un café parisien,
Un homme est en train de s’enivrer en buvant cognac sur cognac.
Une dame qui se trouve à la table voisine lui dit :
- Monsieur, vous devriez arrêter. Songez que chaque année, l’alcool tue plus de trente mille Français…
Et l’autre répond : – Je m’en fous, je suis belge !

 

Deux grand-mères Alsaciennes discutent :
- Ma petite fille se marie la semaine prochaine !
- Ah, vraiment ? Félicitations ! Et le mari vient d’où ?
- De Faïsbouck, mais ne me demande pas où c’ est !

 

Intéressée
Deux copines discutent : – Et toi, c’est qui ton auteur préféré ?
- Mon amant.
- Ah bon ? Et qu’est ce qu’il écrit ?
- Des chèques.

 

La vérité sort de la bouche des enfants
Dans une classe de CM2, l’instituteur donne un cours sur la faune africaine.
Il dit : – Le lion est le roi des animaux. Il ne craint qu’un seul animal. Lequel ?
Un petit garçon lève le doigt et répond : – La lionne.

 

Délirante…
Un médecin examine une vieille dame qui est en pleine agonie.
Il demande à son mari : – ça fait longtemps qu’elle râle comme ça ?
- Depuis qu’on est mariés.

solitude

H

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ARAGON

Posté par sylvie le 2 février 2016

 

 

Le 3 octobre 1897 naît à Paris un enfant illégitime auquel son père  , préfet de police, donne le nom d’Aragon et son propre prénom.

 

L‘HOMME QU’AIMAIENT LES FEMMES

 

Parmi toutes les attitudes rassurantes, Aragon choisit très tôt d’être un bon élève : élève brillant à St Pierre de Neuilly, puis au lycée Carnot, il compose des romans dès 1904 et de la poesie, dictant d’abord ses textes à ses tantes. Lecteur avide, traînant une réputation de surdoué il est bachelier en 1915 et entame des études de médecine.

 

Il rencontre un jeune étudiant de son âge, André Breton, avec lequel il échange plaisanteries de carabin et extraits d’Apollinaire, il fait en meme temps la connaissance Philippe Soupault, la première triade surréaliste est montée.

 

Envoyé au Front, Aragon décroche la croix de guerre, et commence à écrire un roman : » Anicet ou le panorama » cette quête de la beauté, d’un dandysme achevé , est rédigée dans le sang et la boue des tranchées et sera publie en 1920.  Après sa démobilisation, Aragon toujours inscrit en médecine, voyage beaucoup, en Belgique, en Allemagne, en Angleterre, il publie  » feu de joie » avec un dessin de Picasso.

 

Il publie des poèmes du Mouvement perpétuel  et entre au PCF, après Eluard, mais avec Breton et Benjamet Peret, ces derniers plus par provocation que par conviction. Cet été là, Aragon redige le violent pamphlet du Traite du Style, en réaction à l’exécution aux USA de Sacco et Vanzetti. Il détruit une grande partie des milles pages de la  » Défense de l’Infini » ou l’interview collective sur la sexualité qui parait dans deux numéros successifs de la Révolution surréaliste  témoignent d’une grande difficulté, pour Aragon de faire passer ses desirs de la sphere mentale au niveau physique. Ce séducteur dandy se maîtrise mal , dans l’intimité. Abandonné par Nancy Cunard, submergé de problèmes financiers, Aragon tente de se suicider à Venise en septembre 1928.

 

ELSA EST L AVENIR DE L’HOMME

 

Il ne tombera jamais plus bas, et tout ce qui suit, apparaît à posteriori comme une tentative raisonnée de sauvetage mental,  quitte à y sacrifier ses talent. En Novembre 1928 il rencontre une certaine Elsa Kagan, elle vit séparée de son mari , c’est sous ce nom d’Elsa Triolet qu’elle se fera un renom en littérature. 

Née en 1896 dans une famille d’intellectuels juifs moscovites, proche des milieux formalistes russes, elle a délibérément  rencontré Aragon à Paris avec le projet de s’en faire aimer. Vivant avec Aragon, elle adopte la langue et la nationalité française et commence l’élaboration d’oeuvres croisées : à un roman d’Aragon répondra, en écho, un roman d’Elsa Triolet.  » je ne suis pas un écrivain » dit elle dans son journal  » je suis simplement une femme malheureuse et j’écris avec mon malheur »

 

A l’automne 1930 Aragon voyage en URSS  pour représenter les surréalistes au Congres des écrivains révolionnaires. Les communistes de stricte obédience accablent les surréalistes, suspects de derive trotskiste et anarchiste. Aragon choisit son camp, il revient d’URSS avec un poème  » Front rouge » qui rompt avec l’esthétique surréaliste et sonne comme une déclaration de guerre à Breton – le poème vaut à son auteur d’être inculpé pour appel au meurtre . Breton le défend  en publiant l’affaire Aragon . Mais la rupture est consommée entre lui et le surréalisme.

 

Il épouse Elsa -  Durant toute la guerre, Aragon publie sous différents pseudonymes.  A la libération, Aragon et Elsa ne sont pas tendres pour les écrivains suspects de collaboration et exigent et obtiennent des têtes.  Le poète avait prévenu  » je ne pratique pas le pardon des injures ». 

 

A la mort d’Elsa, vêtu de blanc avec une recherche permanente, homosexuel enfin affirmé , il pose comme un acquis cette vie  » ratée de bout en bout » 

 

Vilipendé par les uns, encensé par les autres, définitivement décale, commandeur descendu de son socle, il meurt en 1982

LES YEUX D’ELSA

Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire
J’ai vu tous les soleils y venir se mirer
S’y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire

À l’ombre des oiseaux c’est l’océan troublé
Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent
L’été taille la nue au tablier des anges
Le ciel n’est jamais bleu comme il l’est sur les blés

Les vents chassent en vain les chagrins de l’azur
Tes yeux plus clairs que lui lorsqu’une larme y luit
Tes yeux rendent jaloux le ciel d’après la pluie
Le verre n’est jamais si bleu qu’à sa brisure

Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée
Sept glaives ont percé le prisme des couleurs
Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs
L’iris troué de noir plus bleu d’être endeuillé

Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche
Par où se reproduit le miracle des Rois
Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois
Le manteau de Marie accroché dans la crèche

Une bouche suffit au mois de Mai des mots
Pour toutes les chansons et pour tous les hélas
Trop peu d’un firmament pour des millions d’astres
Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux

L’enfant accaparé par les belles images
Écarquille les siens moins démesurément
Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens
On dirait que l’averse ouvre des fleurs sauvages

Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où
Des insectes défont leurs amours violentes
Je suis pris au filet des étoiles filantes
Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d’août

J’ai retiré ce radium de la pechblende
Et j’ai brûlé mes doigts à ce feu défendu
Ô paradis cent fois retrouvé reperdu
Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes

Il advint qu’un beau soir l’univers se brisa
Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent
Moi je voyais briller au-dessus de la mer
Les yeux d’Elsa les yeux d’Elsa les yeux d’Elsa.

Louis Aragon.

regard

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