EMILE ZOLA

Posté par sylvie le 16 avril 2016

L’année 1861 est celle d’une expérience capitale qui va sans doute déterminer la vision du monde qu’il adopte dans tous ses romans: rien n’y est atténué, le réel le plus trivial y côtoie  sans complexe les observations les plus délicates. Zola, dans sa page, livre tout. Dans une noce, il décrit la finesse d’une dentelle puis se penche sur la vomissure d’un  invité qui a trop bu.

 

LA FIEVRE DE BERTHE: 

l’affaire est simple : dans une minuscule chambre voisine de la sienne, vit et travaille une prostituée,Berthe. Elle  tombe malade, a la fièvre, délire. Pris de pitié, le bon Zola,20 ans, pur et vierge, et bien décidé à le rester par idéal personnel, veille cette femme toute une nuit. Au petit matin elle est guérie! le bon Zola s’apprête à la quitter mais Berthe veut le remercier. Par quel moyen ? Devinez..

 

DEHORS EMILE

  Emile est  atterré! tout bon, tout pur qu’il soit , il a perdu son cap moral, lâché le gouvernail, dérivé … Le voici échoué dans les bras de Berthe! la première femme, s’était-il juré, ce serait la seule, il lui consacrerait toutes ses forces, ses ressources, jusqu’à la mort. Soit! Mais , à bien y regarder, Berthe n’est pas de la dernière récolte: son cou est gras, elle souffre d’une sorte de pelade et ses dents se comptent sur les doigts d’une main! qu’à cela ne tienne: l’intègre Zola , le bon jeune homme de 20 ans , dévoile à Berthe son projet : il veut la faire sortir de l’enfer qu’elle vit! il va tout lui donner- lui qui n’a rien. Il lui propose de redevenir la couturière qu’elle fut. Berthe croit d’abord qu’il plaisante. Mais il insiste. Elle le repousse. Il recommence. Elle lui rit au nez, puis l’insulte et enfin le met dehors! 

 

LE FILON DU VECU : 

La poésie façon Musset, c’est fini! les alexandrins romantiques terminés. La littérature où les petites femmes ont un grand cœur, quel mensonge! Et ces chansons qu’elles égaient , une escroquerie! Désormais, le réel, seulement le réel! et pour commencer il raconte son aventure avec Berthe. Tout y réel! ou presque : Berthe y devient Laurence, Zola a trouvé sa voie: il va exploiter le filon de son vécu, le travestissant juste assez pour que les intéressés ne s’y intéressent pas trop. 

 

UN APPRENTISSAGE SUR LE TERRAIN: Zola exerce de petits métiers qui vont lui fournir une expérience précieuse pour ses romans futurs. 

 

CHEF DE PUBLICITE :

l’écriture! Zola ne pense qu’à cela! Sa devise ? Pas un jour sans une ligne! Entré à la librairie Hachette il s’y fait apprécier. On lit dans les journaux tous les articles qu’il publie,, on le sait ami des peintres en vue – Pissarro- et plus tard Monet, Sisley, Manet, Renoir. Peu à peu, le journaliste et l’écrivain l’emportent sur le chef de la publicité qu’il est devenu. En 1866  un an après s’être mis en ménage avec Alexandrine Meley, il  quitte Hachette. 

 

LIBRE :

Le voici libre d’écrire tous les jours autant de lignes qu’il le veut. Il ne se prive pas. Récits, nouvelles, contes , sont déjà sortis de son encrier, ont été publiés dans des journaux, rassemblés en un  volume : Les Contes a Ninon. En 1865  paraît son premier roman  » La Confession de Claude » en réalité, la confession d’Emile qui raconte ses déconvenues avec Berthe. Les premières publications d’Emile sont encourageantes, mais ne rapportent pas grand chose. Il doit faire vivre sa mère, sa compagne. En 1866 il publie un deuxième roman «  »Le Vœu d’une morte » . Il s’en vend quelques dizaines d’exemplaires. Heureusement que les journaux lui commandent des romans feuilletons,rémunérés juste ce qu’il faut pour faire bouillir la marmite. 1867 : Thérèse Raquin. Enfin! il s’en vend suffisamment pour que le mot succès puisse être employé! voilà, Zola vient de trouver : il lui suffit d’écrire deux romans par an, lui garantissant chacun trois mille francs, et le tour est joué.   S’ensuit les succès de la série Rougon-Macquart…l’Assommoir,    Nana ….. Germinal ou il raconte le monde la mine, la misère, et l’épuisement de la classe ouvrière, sa révolte réprimée dans le sang.

 

ZOLA ET L’AFFAIRE DREYFUS: 

 

  1898 – L’épisode majeur de la vie de Zola se situe au moment de l’affaire Dreyfus.  Riche et célèbre! Aux portes de l’Académie française après vingt quatre refus!  heureux père et heureux amant. Mari comblé par une femme qui accepte finalement sa situation d’épouse trompée. Tout va bien pour Zola, en cette année 1895. Pourtant, Zola l’honnête, Zola le juste, va compromettre toute sa renommée pour sauver le capitaine Alf’red Dreyfus , injustement accusé d’avoir communiqué à l’Allemagne des documents secrets. Traduit devant le tribunal militaire, Dreyfus a été condamné à la dégradation militaire et à la déportation à perpétuité. Le 5 janvier 1895, dans la cour des Invalides, Dreyfus a été dégradé. Le 21 il a embarqué pour l’île du Diable, en Guyane. Zola est indigné.

Mathieu Dreyfus remue ciel et terre pour sauver son frère. Trois ans plus tard, les preuves de l’innocence sont réunies. Zola, sollicité, prend sa plume, rédige un article cinglant où il donne le nom des vrais coupables, de hauts responsables de l’armée qui ont agi par antisémitisme. L’article paraît dans  » l’Aurore » du 13 janvier 1898 sous le titre de Clemenceau  » J’ACCUSE ». Au terme de deux procès, il est condamné à un an d’emprisonnement et à 3000 francs d’amende alors que le coupable est acquitté! Couvert d’injures, il doit s’exiler pendant onze mois en Angleterre. Mais la vérité est en marche,  et rien ne l’arrête! Alfred Dreyfus n’est complètement acquitté que le 12 juillet 1906, quatre ans après la mort de Zola.

 

LA MORT DE ZOLA: UN ACTE CRIMINEL  ?

 

Zola s’attire  la haine de tous ceux qui n’acceptent pas sa façon de révéler la misère humaine, de montrer le monde dans ses détails les plus triviaux. Est ce cela qui l’a tué ? Le 29 septembre 1902 on découvre le couple Alexandrine et Emile inanimés dans leur appartement. Pour Emile, il est trop tard: il a succombé à une asphyxie due au mauvais tirage de la cheminée. Alexandrine est ramenée à la vie. Que s’est- il passé ? Zola a voulu, avant d’aller dormir, allumer un feu qui n’a pas pris, ou du moins qui a couvé toute la nuit. La veille, des ouvriers avaient travaillé sur le conduit d’évacuation. Faut-il croire ce que, depuis, on a appris ? L’un des ouvriers aurait dit, avant de commencer son travail : on va enfumer le cochon! la mort de Zola ne serait donc pas accidentelle ?

 

TREGOTHNAN, CORNWALL: WHITE BENCH BENEATH RHODODENDRON 'RUSSELLIANUM'

2 Réponses à “EMILE ZOLA”

  1. 010446g dit :

    Merci pour cette biographie.

    Dernière publication sur le radeau du radotage : Radotage (20 mars 2011)

  2. sylvie dit :

    Merci à toi de me lire

Laisser un commentaire

 

Les chroniques de Wenceslas... |
Aşk Desem Az Gelir |
Quelques textes des étudian... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Les écrits de Shok Nar
| kantinof
| quelques mots parmi tant d'...