TAGORE

Posté par sylvie le 19 avril 2016

Tagore est assurément un des pères de la littérature indienne. Son œuvre est immense et fascinante. Il est l’auteur de plus de mille poèmes,deux mille chansons dont il a écrit la musique, des pièces de théâtre, des romans, des recueils de nouvelles.Il a écrit aussi des essais sur tous les sujets qui lui étaient chers, de la philosophie à la politique, de l’éducation aux arts, il a laissé de de nombreux croquis ,dessins et peintures. Mais Tagore fut avant tout un poète  » le Poète » comme il est affectueusement dénommé en Inde, et c’est par sa poésie qu’il se fit connaître dans le monde entier.

 

Dernier enfant d’une famille brahmane de Calcutta, il grandit dans l’ombre d’un père savant et réformateur religieux. Il prit part à la formidable émulation intellectuelle et sociale que connut au 19e siècle le Bengale, alors aux prises avec les influences modernistes d’essence occidentale.  Eduqué dans les trois langues – sanscrit, bengali, et anglais, il écrivit des poèmes très tôt, et traduisit lui meme en anglais certains de ses recueils.  La publication de Gitanjali ( l’offrande lyrique) en Europe et en Amérique du nord rendit Tagore célèbre, et il reçut le prix Nobel de littérature en 1913. Sa soudaine renommée lui permit de faire de nombreux voyages sur les divers continents pour des conférences ou des visites d’amitié au cours desquelles il prônait inlassablement la paix, la non violence et l’unité entre les hommes.

 

Ami de Gandhi, Tagore participa à sa façon à l’émergence de l’Inde comme nation. Il est l’auteur de nombreux poèmes et chansons patriotiques dont deux sont devenus les hymnes nationaux de l’Inde et du Bangladesh.

 

 

L’Offrande lyrique est une succession de dialogues, de louanges à Dieu d’une grande beauté et d’une grande humilité. Ces poèmes allient la finesse de lagnage à la contemplation ou la réflexion philosophique, et ils le font si harmonieusement que c’est bien à  une double et indissociable méditation que nous sommes conviés. Et ce n’est pas la moindre qualité de cette œuvre que d’avoir été traduite par André GIde qui lui apporta toutes ses qualités d’écrivain, et plus encore …

 

 

En 1901 il fonda l’école de Santiniketan à Bolpur pour pallier au mauvais système éducatif qui prévalait alors. Dans cette école, Tagore avait pris l’habitude, au cours de réunions matinales de partager avec les professeurs et les élèves son expérience spirituelle et philosophique.Il y exposait sans jamis se départir de sa verve poétique, ses conceptions sur la relation à la vie, à Dieu et à la nature. Ces causeries d’une grande limpidité, ont été réunies et traduites en français dans les ouvrages  » La demeure de la Paix  » et « Sâdhanâ ». Dans le premier, Tagore nous montre comment chez l’homme l’angoisse, les doutes et les incertitudes sont un mal nécessaire,porteur d’apprentissage, mais peuvent se révéler un bien lourd fardeau si l’on y répond par l’inaction ou par le remède trop facile que constitue le refuge dans les idées reçues ou la lecture des écritures.

 

Dans un langage simple et vivant, plein de bon sens, Tagore, sur bien des problèmes de notre société, pose les diagnostics et suggère les remèdes, nous fait voir le fait et nous encourage à la nécessité. Il ponctue son message par quelques prières ou préceptes empruntés aux textes sacrés hindous. Au travers d’anecdotes vécues, il parle de l’amour,de la beauté, de l’écoute, de l’action et de la libération intérieure. Il nous dit l’importance de se sentir relié et de ne pas négliger le spirituel dans notre vie.

 

 

S’il est exact que dans l’immédiat nous risquons peu à ne pas nous interesser au spirituel, dans  » Sâdhanâ », Tagore nous démontre que dans l’absolu, cette négligence est à la source de la plupart de nos problèmes et nous prive d’une plus grande réalisation de nous mêmes. Maintes fois, il s’émerveille de la nature et de son exemplarité car elle a su faire coexister, au dehors, le travail incessant et les nécessaires impératifs de survie, avec au dedans, la beauté absolue et la tranquillité.

 

 

La nature est omniprésente dans les poèmes de Tagore. De chemins solitaires en vols de cygnes sauvages, de moussons tumultueuses en déluges de fleurs multicolores, de ciel d’étoiles en bouquets de galaxies, la palette est large et le poète ne manque jamais d’en utiliser  toutes les nuances pour peindre ses merveilleuses métaphores. Mais si Tagore voue à la nature un grand amour, ce n’est pas seulement pour la décrire, mais pour louer à travers elle les sentiments, les émotions qu’elle lui a communiqués.

 

 

Quelques heures seulement avant sa mort, le sept aout 1941, Tagore dicta son dernier poème….

 

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2 Réponses à “TAGORE”

  1. 010446g dit :

    MERCI POUR LA BIO
    Je ne connaissais pas du tout

    Dernière publication sur le radeau du radotage : Supplique aux jolies internes

  2. sylvie dit :

    merci à toi de me lire!

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