FEMME ET CHATTE

Posté par sylvie le 3 septembre 2018

Bon rentrée à tous …

Le 7 Septembre, cela fera onze ans que j’ai crée ce blog .. Avec plus de 132OOOO visiteurs … Je vous remercie de vos visites et des commentaires que vous apportez …  J’ai toujours le même plaisir à écrire qu’à vous lire, seul parfois le temps me manque pour être plus présente ,d’autant que j’alimente mes autres blogs sur d’autres plates formes.

Une petite poèsie pour cette rentrée …

 

FEMME ET CHATTE    

Elle jouait avec sa chatte

Et c’était merveille de voir

La main blanche et la blanche patte

S’ébattre dans l’ombre du soir.

Elle cachait – la scélérate!

Sous ses mitaines de fil noir

Ses meurtriers ongles d’agate

Coupant et clairs comme un rasoir.

L’autre aussi faisait la sucrée

Et rentrait sa griffe acérée,

Mais le diable n’y perdait rien..

Et dans le boudoir où, sonore,

Tintait son rire aérien,

Brillait quatre points de phosphore.

PAUL VERLAINE

 

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EN ETE

Posté par sylvie le 21 juin 2018

En été les lis et les roses
Jalousaient ses tons et ses poses,

La nuit, par l’odeur des tilleuls
Nous nous en sommes allés seuls.

L’odeur de son corps, sur la mousse,
Est plus enivrante et plus douce.

En revenant le long des blés,
Nous étions tous deux bien troublés.

Comme les blés que le vent frôle,
Elle ployait sur mon épaule.

Charles Cros.

L’été – un petit mot si intense pour une saison si belle ,
Ou la lumière inonde,
Les senteurs s’épanchent,
Les étoiles flambent;
La chaleur écrasante,
Les couleurs éclatent,
Les yeux pétillent,
Les enfants jouent,
Les esprits se relâchent,
Des amours naissent…..
C’est l’été.
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L’ETRANGERE

Posté par sylvie le 19 mars 2018

L’Etrangère

Il existe près des écluses
Un bas quartier de bohémiens
Dont la belle jeunesse s’use
À démêler le tien du mien
En bande on s’y rend en voiture,
Ordinairement au mois d’août,
Ils disent la bonne aventure
Pour des piments et du vin doux

On passe la nuit claire à boire
On danse en frappant dans ses mains,
On n’a pas le temps de le croire
Il fait grand jour et c’est demain.
On revient d’une seule traite
Gais, sans un sou, vaguement gris,
Avec des fleurs plein les charrettes
Son destin dans la paume écrit.

J’ai pris la main d’une éphémère
Qui m’a suivi dans ma maison
Elle avait des yeux d’outremer
Elle en montrait la déraison.
Elle avait la marche légère
Et de longues jambes de faon,
J’aimais déjà les étrangères
Quand j’étais un petit enfant !

Celle-ci parla vite vite
De l’odeur des magnolias,
Sa robe tomba tout de suite
Quand ma hâte la délia.
En ce temps-là, j’étais crédule
Un mot m’était promission,
Et je prenais les campanules
Pour des fleurs de la passion

À chaque fois tout recommence
Toute musique me saisit,
Et la plus banale romance
M’est éternelle poésie
Nous avions joué de notre âme
Un long jour, une courte nuit,
Puis au matin : “Bonsoir madame”
L’amour s’achève avec la pluie.

Louis Aragon, Le Roman inachevé

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LE ROSSIGNOL ET LE PAON

Posté par sylvie le 4 février 2018

Le rossignol et le paon

 

 

 

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L’aimable et tendre Philomèle,
Voyant commencer les beaux jours,
Racontait à l’écho fidèle
Et ses malheurs et ses amours.
Le plus beau paon du voisinage,
Maître et sultan de ce canton,
Elevant la tête et le ton,
Vint interrompre son ramage :
C’est bien à toi, chantre ennuyeux,
Avec un si triste plumage,
Et ce long bec, et ces gros yeux,
De vouloir charmer ce bocage !
A la beauté seule il va bien
D’oser célébrer la tendresse :
De quel droit chantes-tu sans cesse ?
Moi, qui suis beau, je ne dis rien.
Pardon, répondit Philomèle :
Il est vrai, je ne suis pas belle ;
Et si je chante dans ce bois,
Je n’ai de titre que ma voix.
Mais vous, dont la noble arrogance
M’ordonne de parler plus bas,
Vous vous taisez par impuissance,
Et n’avez que vos seuls appas.
Ils doivent éblouir sans doute ;
Est-ce assez pour se faire aimer ?
Allez, puisqu’amour n’y voit goutte,
C’est l’oreille qu’il faut charmer.

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L’HIVER DU ROSSIGNOL

Posté par sylvie le 21 décembre 2017

L’hiver du rossignol

Nérée Beauchemin

Sur les toits la grêle crépite.
Il neige, il pleut, en même temps :
Premières larmes du printemps,
Derniers pleurs de l’hiver en fuite.

 

Parmi les longs cris qu’en son vol
La première corneille jette,
J’entends une note inquiète ;
Est-ce la voix du rossignol ?

 

D’où vient cette roulade ailée
Dont la bise coupe le fil
Ce doux chanteur, pourquoi vient-il
Affronter cette giboulée ?

 

Est-ce le trémulant sifflet,
Le fifre aigu de la linote ?
Est-ce la double ou triple note
Du bouvreuil ou du roitelet ?

 

Il neige, il pleut, il grêle, il vente.
Mais, soudain, voici le soleil,
Le soleil d’un temps sans pareil.
Chante, oh ! chante, rossignol, chante !

 

Il neige, il vente, il grêle, il pleut.
Chante ! C’est l’air que rossignole
Ton cœur, ton joli cœur qui vole,
Qui d’un ciel gris, fait un ciel bleu.

 

Que ta musique, en fines perles,
Change ce brouillard éclatant.
Ah ! pourrait-il en faire autant
Le trille aigu de tous les merles ?

 

Il pleut, il neige, c’est en vain
Que le merle siffle à tue-tête.
Pour que tout l’azur soit en fête,
Chante, chante, chanteur divin !

 

Chante sur la plus haute branche,
Comme l’oiseau de la chanson.
Chante sous le dernier frisson
De la dernière neige blanche.

 

 

À pleine gorge, fais vibrer,
Rossignoler ta fine lyre,
Ô toi dont le cœur est à rire,
Pour les cœurs qui sont à pleurer

 

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LES OIES SAUVAGES

Posté par sylvie le 18 mars 2017

 

Tout est muet, l’oiseau ne jette plus ses cris.
La morne plaine est blanche au loin sous le ciel gris.
Seuls, les grands corbeaux noirs, qui vont cherchant leurs proies,
Fouillent du bec la neige et tachent sa pâleur.

 

Voilà qu’à l’horizon s’élève une clameur ;
Elle approche, elle vient, c’est la tribu des oies.
Ainsi qu’un trait lancé, toutes, le cou tendu,
Allant toujours plus vite, en leur vol éperdu,
Passent, fouettant le vent de leur aile sifflante.

 

Le guide qui conduit ces pèlerins des airs
Delà les océans, les bois et les déserts,
Comme pour exciter leur allure trop lente,
De moment en moment jette son cri perçant.

 

Comme un double ruban la caravane ondoie,
Bruit étrangement, et par le ciel déploie
Son grand triangle ailé qui va s’élargissant.

 

 

Mais leurs frères captifs répandus dans la plaine,
Engourdis par le froid, cheminent gravement.
Un enfant en haillons en sifflant les promène,
Comme de lourds vaisseaux balancés lentement.
Ils entendent le cri de la tribu qui passe,
Ils érigent leur tête ; et regardant s’enfuir
Les libres voyageurs au travers de l’espace,
Les captifs tout à coup se lèvent pour partir.
Ils agitent en vain leurs ailes impuissantes,
Et, dressés sur leurs pieds, sentent confusément,
A cet appel errant se lever grandissantes
La liberté première au fond du coeur dormant,
La fièvre de l’espace et des tièdes rivages.
Dans les champs pleins de neige ils courent effarés,
Et jetant par le ciel des cris désespérés
Ils répondent longtemps à leurs frères sauvages.

LES OIES SAUVAGES

GUY DE MAUPASSANT

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PREVERT

Posté par sylvie le 9 juin 2016

Voilà un poète qui parle comme tout le monde! point de recherches alambiquées, de tournures abstruses, de phrases absconses: le poème accueille pour la première fois les tons qui n’osent sortir dans la compagnie des livres ….Jacques Prévert est né le 4 février 1900 à Neuilly Sur Seine, dans un milieu de petite bourgeoisie- André Prévert , son père, travaille dans une compagnie d’assurances, puis à la mairie du VIe arrondissement de Paris. Six ans plus tard, naît son frère Pierre dont il se sentira toujours très proche.. Les deux frères collaborent pour plusieurs films.

En 1945 Prevert rassemble les poèmes qu’il a écrits depuis des années, sous le titre de  » Paroles » . Dès la parution du recueil ,les ventes de Paroles s »envolent, mais les écrits restent dans les mémoires. En effet, Prevert écrit dans une langue qui parle à tous les passants de n’importe quelle rue.  Enfin la poésie est à la portée du jardinier, du boucher, du contrôleur, du médecin, de l’avocat, des jeunes ou des vieux – et même du cancre!

 

A la complication surréaliste, aux recommandations alambiquées d’un Breton, à la table sacrée du poète solennel , Prévert a préféré les recettes de tous les jours et le comptoir du café! et la recette fonctionne à merveille sous les yeux d’un Breton sans doute envieux de ce succès. Breton que Prévert avait égratigné en quittant le groupe surréaliste.

 

Langage unique en son genre, jamais imité, mélange de tendresse, de gouaille, d’ironie féroce, de chagrin aussi et de lumière sans fard, les poèmes de Prévert continuent d’être lus, étudiés, appréciés par toutes les générations . « Paroles »  s’est vendu à plus de deux millions d’exemplaires, depuis sa parution… Prévert est aussi l’auteur de chansons  » les feuilles mortes »  » les enfants qui s’aiment  » …  Interprétées par les plus grandes voix : Juliette Greco, Catherine Sauvage, Mouloudji, Reggiani,  Yves Montand etc … Celui qui en écrit la musique est un jeune roumain venant de Budapest que Prévert a découvert en 1934  : Joseph Kosma.

 

Jacques Prévert est mort le 11 avril 1977 , à Omonville-la -Petite, dans la Manche, où se trouve sa tombe sur laquelle fleurissent les roses qu’il aimait …

 

Barbara -

Rappelle-toi Barbara 
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là 
Et tu marchais souriante 
Épanouie ravie ruisselante 
Sous la pluie 
Rappelle-toi Barbara 
Il pleuvait sans cesse sur Brest 
Et je t’ai croisée rue de Siam 
Tu souriais 
Et moi je souriais de même 
Rappelle-toi Barbara 
Toi que je ne connaissais pas 
Toi qui ne me connaissais pas 
Rappelle-toi 
Rappelle-toi quand même jour-là 
N’oublie pas 
Un homme sous un porche s’abritait 
Et il a crié ton nom 
Barbara 
Et tu as couru vers lui sous la pluie 
Ruisselante ravie épanouie 
Et tu t’es jetée dans ses bras 
Rappelle-toi cela Barbara 
Et ne m’en veux pas si je te tutoie 
Je dis tu à tous ceux que j’aime 
Même si je ne les ai vus qu’une seule fois 
Je dis tu à tous ceux qui s’aiment 
Même si je ne les connais pas 
Rappelle-toi Barbara 
N’oublie pas 
Cette pluie sage et heureuse 
Sur ton visage heureux 
Sur cette ville heureuse 
Cette pluie sur la mer 
Sur l’arsenal 
Sur le bateau d’Ouessant 
Oh Barbara 
Quelle connerie la guerre 
Qu’es-tu devenue maintenant 
Sous cette pluie de fer 
De feu d’acier de sang 
Et celui qui te serrait dans ses bras 
Amoureusement 
Est-il mort disparu ou bien encore vivant 
Oh Barbara 
Il pleut sans cesse sur Brest 
Comme il pleuvait avant 
Mais ce n’est plus pareil et tout est abimé 
C’est une pluie de deuil terrible et désolée 
Ce n’est même plus l’orage 
De fer d’acier de sang 
Tout simplement des nuages 
Qui crèvent comme des chiens 
Des chiens qui disparaissent 
Au fil de l’eau sur Brest 
Et vont pourrir au loin 
Au loin très loin de Brest 
Dont il ne reste rien.  

JACQUES PREVERT

PLUIES

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L’ECOLIERE

Posté par sylvie le 23 avril 2016

L’écolière

Bon Dieu ! que de choses à faire !
Enlève tes souliers crottés,
Pends donc ton écharpe au vestiaire,
Lave tes mains pour le goûter,

Revois tes règles de grammaire.
Ton problème, est-il résolu ?
Et la carte de l’Angleterre,
Dis, quand la dessineras-tu ?

Aurai-je le temps de bercer
Un tout petit peu ma poupée,
De rêver, assise par terre,
Devant mes châteaux de nuées ?
Bon Dieu ! que de choses à faire !

Maurice Carême

 

Maurice Carême

 

 

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MON ENFANCE CAPTIVE

Posté par sylvie le 17 avril 2016

MON ENFANCE CAPTIVE

Mon enfance captive a vécu dans des pierres

Dans la ville où sans fin , vomissant le charbon,

L’usine en feu dévore un peuple moribond :

Et pour voir des jardins je fermais les paupières…

J’ai grandi, j’ai rêvé d’orient, de lumières,

De rivages de fleurs où l’air tiède sent bon,

Des cités aux noms d’or, et, seigneur vagabond,

De pavés florentins où trainer des rapières.

Puis je pris en dégoût le carton du décor

Et maintenant, j’entends en moi l’âme du Nord

Qui chante, et chaque jour j’aime d’un coeur plus fort

Ton air de sainte femme, ô ma terre de Flandre,

Ton peuple grave et droit, ennemi de l’esclandre

Ta douceur de misère où le coeur se sent prendre.

Tes marais, tes prés verts ou rouissent les lins

Tes bateaux, ton ciel gris où tournent les moulins

Et cette veuve en noir avec ses orphelins.

ALBERT SAMAIN

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ALBERT SAMAIN : D’origine humble et de santé fragile, Albert Samain, né à Lille en 1858, doit interrompre ses études dès 14 ans , son père, marchand de vin, étant mort, il doit gagner sa vie pour aider sa mère à élever ses quatre frères et soeurs. Il finit par trouver un emploi d’expéditionnaire àla préfecture de Paris, après avoir, en vain, tenté de faire du journalisme.

Il restera ce modeste bureaucrate. Son ambition est ailleurs : la poèsie. Héritier des parnassiens,il obtient la célébrité dès son premier recueil  » Au jardin de l’infante », acquérant un public surtout féminin qui lui restera fidèle. Le musicien Raymond bonheur qui a encouragé ses débuts, lui offre l’hospitalité dans sa propriété de Magny-les Hameux lorsque, malade Albert Samain ne peut plus vivre en ville, il y meurt en 1900 a 42 ans.

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LE DESIR DE PEINDRE

Posté par sylvie le 13 avril 2016

Le Désir de peindre

Malheureux peut-être l’homme, mais heureux l’artiste que le désir déchire!

Je brûle de peindre celle qui m’est apparue si rarement et qui a fui si vite, commeune belle chose regrettable derrière le voyageur emporté dans la nuit. Comme il y alongtemps déjà qu’elle a disparu!

Elle est belle, et plus que belle; elle est surprenante. En elle le noir abonde: ettout ce qu’elle inspire est nocturne et profond. Ses yeux sont deux antres où scintillevaguement le mystère, et son regard illumine comme l’éclair: c’est une explosion dansles ténèbres.

Je la comparerais à un soleil noir, si l’on pouvait concevoir un astre noir versant lalumière et le bonheur. Mais elle fait plus volontiers penser à la lune, qui sans doutel’a marquée de sa redoutable influence; non pas la lune blanche des idylles, quiressemble à une froide mariée, mais la lune sinistre et enivrante, suspendue au fondd’une nuit orageuse et bousculée par les nuées qui courent; non pas la lune paisible etdiscrète visitant le sommeil des hommes purs, mais la lune arrachée du ciel, vaincue etrévoltée, que les Sorcières thessaliennes contraignent durement à danser sur l’herbeterrifiée!

Dans son petit front habitent la volonté tenace et l’amour de la proie. Cependant, aubas de ce visage inquiétant, où des narines mobiles aspirent l’inconnu et l’impossible,éclate, avec une grâce inexprimable, le rire d’une grande bouche, rouge et blanche, etdélicieuse, qui fait rêver au miracle d’une superbe fleur éclose dans un terrainvolcanique.

Il y a des femmes qui inspirent l’envie de les vaincre et de jouir d’elles; maiscelle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard.

Charles Baudelaire (1821- 1867)

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