LIBERTE

Posté par sylvie le 14 novembre 2007

Liberté !

De quel droit mettez-vous des oiseaux dans des cages ?

De quel droit ôtez-vous ces chanteurs aux bocages,
Aux sources, à l’aurore, à la nuée, aux vents ?
De quel droit volez-vous la vie à ces vivants ?
Homme, crois-tu que Dieu, ce père, fasse naître
L’aile pour l’accrocher au clou de ta fenêtre ?
Ne peux-tu vivre heureux et content sans cela ?
Qu’est-ce qu’ils ont donc fait tous ces innocents-là
Pour être au bagne avec leur nid et leur femelle ?

Qui sait comment leur sort à notre sort se mêle ?
Qui sait si le verdier qu’on dérobe aux rameaux,
Qui sait si le malheur qu’on fait aux animaux
Et si la servitude inutile des bêtes
Ne se résolvent pas en Nérons sur nos têtes ?
Qui sait si le carcan ne sort pas des licous ?
Oh! de nos actions qui sait les contre-coups,
Et quels noirs croisements ont au fond du mystère
Tant de choses qu’on fait en riant sur la terre ?
Quand vous cadenassez sous un réseau de fer
Tous ces buveurs d’azur faits pour s’enivrer d’air,
Tous ces nageurs charmants de la lumière bleue,
Chardonneret, pinson, moineau franc, hochequeue,
Croyez-vous que le bec sanglant des passereaux
Ne touche pas à l’homme en heurtant ces barreaux ?

Prenez garde à la sombre équité. Prenez garde !
Partout où pleure et crie un captif, Dieu regarde.
Ne comprenez-vous pas que vous êtes méchants ?
À tous ces enfermés donnez la clef des champs !
Aux champs les rossignols, aux champs les hirondelles ;
Les âmes expieront tout ce qu’on fait aux ailes.
La balance invisible a deux plateaux obscurs.
Prenez garde aux cachots dont vous ornez vos murs !
Du treillage aux fils d’or naissent les noires grilles ;
La volière sinistre est mère des bastilles.
Respect aux doux passants des airs, des prés, des eaux !
Toute la liberté qu’on prend à des oiseaux
Le destin juste et dur la reprend à des hommes.
Nous avons des tyrans parce que nous en sommes.
Tu veux être libre, homme ? et de quel droit, ayant
Chez toi le détenu, ce témoin effrayant ?
Ce qu’on croit sans défense est défendu par l’ombre.
Toute l’immensité sur ce pauvre oiseau sombre
Se penche, et te dévoue à l’expiation.
Je t’admire, oppresseur, criant: oppression !
Le sort te tient pendant que ta démence brave
Ce forçat qui sur toi jette une ombre d’esclave
Et la cage qui pend au seuil de ta maison
Vit, chante, et fait sortir de terre la prison.

                              VICTOR HUGO
                                  

                                                        

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AUX ENFANTS DU MONDE ENTIER

Posté par sylvie le 1 novembre 2007

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Aux enfants tristesUne larme qui perle au coin de l’oeil
Une larme qui coule le long d’une joue
Une larme qui s’achéve sur une lévre …

Un sourire qui illumine un visage
Un rire qui éveille le voisinage
Un éclat qui fait sourire les passants…

Un enfant chantant sous la pluie
Un enfant courant derriére un chat
Un enfant qui entend dans le silence…

Un « s’il te plaît, monsieur »
Qui se terre au pied d’un arbre
Puis qui joue avec des cailloux

Cherchant l’amour qu’il ne voit plus
Qui touchera le coeur d’un homme,
Si un enfant n’y parvient pas ?

Auteur : www.alazais.net

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L’HOMME ET LA MER

Posté par sylvie le 25 octobre 2007

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Homme libre, toujours tu cheriras la mer!

La mer est ton miroir, tu contemples ton âme

Dans le déroulement infini de sa lame,

Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer

Tu te plais à plonger au sein de ton image

Tu l’embrasses des yeuxet des bras, et ton coeur

Se distrait quelquefois de sa propre rumeur

Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage

Vous etes tous les deux ténébreux et discrets

Homme, nul n’a sondé le fond de tes abimes

O mer, nul ne connait tes richesses intimes

Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets

Et cependant voilà des siècles innombrables

Que vous vous combattez sans pitie ni remords

Tellement vous aimez le carnage et la mort

O lutteurs éternels, ô frères implacables

CHARLES BAUDELAIRE

Les fleurs du Mal 

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L’INVITATION AU VOYAGE

Posté par sylvie le 20 octobre 2007

charlesbaudelaire.jpg.

L’invitation au voyage

Mon enfant, ma soeur,

Songe à la douceur

D’aller là-bas vivre ensemble!

Aimer à loisir,

Aimer et Mourir,

Au pays qui te ressemble

Les soleils mouilles,

De ces ciels brouillés

Pour mon esprit ont les charmes

Si mysterieux

De tes traitres yeux

Brillant à travers leurs larmes

La, tout n’est qu’ordre et beauté

Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,

Polis par les ans

Décoreraient encore notre chambre:

Les plus rares fleurs

Melant leurs odeurs

Aux vagues senteurs de l’ambre,

Les riches plafonds,

Les miroirs profonds.

La splendeur orientale,

Tout y parlerait

A  l »âme en secret

Sa douce langue natale

Là, tout n’est qu’ordre et  beauté

Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux

Dormir ces vaisseaux

Dont l’humeur est vagabonde

C »est pour assouvir

Ton moindre desir

Qu’ils viennent du bout du monde

Les soleils couchants

Revetent les champs

Les canaux, la ville entiere

D’hyacinthe et d’or

Le monde s’endort

Dans une chaude lumière

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

CHARLES BAUDELAIRE

Les fleurs du mal.

 

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BAUDELAIRE

Posté par sylvie le 20 octobre 2007

baudelaire001.jpgL’Etranger

- Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ?
ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère ?
- Je n’ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère.
- Tes amis ?
- Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est
resté jusqu’à ce jour inconnu.
- Ta patrie ?
- J’ignore sous quelle latitude elle est située.
- La beauté ?
- Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
- L’or ?
- Je le hais comme vous haïssez Dieu.
- Eh ! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
- J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas…
là-bas… les merveilleux nuages !                                               
CHARLES BAUDELAIRE

 

BIOGRAPHIE

Tous les guignons : une prédisposition aux troubles artériels cérébraux , une physiologie fragile de bilioso-nerveux, sur quoi se greffent les conséquences de la syphillis, de l’alcoolisme, de l’opiomanie, l’incompréhension familiale.

Et toutes les chances : son génie, confessé par ses camarades des qu’il eut 20 ans, ses dons, un sens infaillible du beau : dans son écriture, dans ses dessins, dans les reliures dont il faisait habiller ses livres et jusque dans le choix de son linge , des amis et des admirateurs qui de son vivant s’appelaient Verlaine et Mallarmé, une légende crée à dessein qui écartait de lui les imbéciles, et une conscience déchirée qui l’a mis en résonance avec un monde déchiré où cherchait à naître un monde nouveau.

Baudelaire a été l’homme et le poète de toutes les contradictions. En quoi, il reste de notre temps, et pour longtemps. Il l’est aussi par la conscience critique qu’il a eue de son activité littéraire.

MASQUES ET PROMESSES

Fort jeune, Baudelaire écrit de nombreux vers dont nous ne connaissons qu’une faible partie.Son ami, Ernest Prarond se rappellera qu’à cette époque des pièces importantes des Fleurs du Mal étaient déjà composées. En 1844  Baudelaire esquisse  un pas vers les coulisses, il coopère à la rédaction des Mystères galan de Paris. ,libelle anonyme,  il y égratigne des auteurs et des actrices. Et de la fin de 1844 au début 1846 il accepte ou provoque la publication de sonnets sous le masque d’un masochiste de la littérature. Il signe d’autres sonnets sous le nom de sa mère, déformé… Le jour de ses 30 ans, Baudelaire sort de sa clandestinité et publie d’un coup onze pièces des Limbes,il passait pour un critique d’art, il devient un poète. Tandis qu’il complète les Fleurs du Mal, que lui inspirent Mme Sabatier, il obtient la publication de 18 fleurs du Mal   dans la  » Revue des deux mondes ».  Critique d’art? Traducteur de Ope ? poète ?  il ne choisit pas, il  complète ses titres ; toujours harcelé, toujours vaincu, encore vainqueur partir de 1957  il est sacré poète par « Les Fleurs du Mal »,

LA CRITIQUE COMME PRELUDE A LA CREATION

Baudelaire a été un grand critique d’art. Il a parfaitement compris DelacroiX; Mais il a commis des erreurs: champion de la modernité dans l’art, ami de Courbet et de Manet, il n’a pas reconnu en eux les representants de cette modernité, peut être en raison de son attachement à Delacroix. Mais quelque que soit l’originalité de Baudelaire critique d’art,  la contemplation artistique n’est d’abord pour lui qu’une préparation à la création poétique : la difficulté à créer se résorbe devant un tableau, une gravure, une statue, l’image occupe le centre de la page blanche, annule le vertige.  C’est notamment pourquoi les Fleurs du Mal chantent les grands artistes.

Baudelaire est avant tout un poète, il a tenté les voies du romans, mais malgré de nombreux projets, il n’a écrit qu’une seule nouvelle originale  » La Fanfarlo ».

L’UNIVERS POETIQUE

Retracée à grands traits, l’évolution poétique de Baudelaire atteste les fortes variations de son esthétique, mais on peut deceler quelques constantes . Quelques années apres Baudelaire, Mal larme, Verlaine,Rimbaud dépassent les contradictions. Baudelaire, lui les a assumées, attentif à nous en rendre conscients.

Il a éveillé beaucoup de poètes à leur vocation, ceux  cités plus haut, et bien d’autres, mais il exigeait que l’on s’éloigne de ses livres pour être soi.  Les Fleurs du Mal restent immarcescibles dans leur altier solitude, à ce sommet d’où Baudelaire regarde vers Malherbe comme vers le surréalisme.  Elles donnent aux lecteurs ce qu’elles refusent aux poètes.

 

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CHANSON D’AUTOMNE

Posté par sylvie le 25 septembre 2007

<.CHANSON D'AUTOMNE  dans POESIE                     CHANSON D’AUTOMNE

Les sanglots longs

des violons

De l’automne

Blessent mon coeur

D’une langueur

Monotone

Tout suffocant,

Et blême quand

Sonne l’heure,

Je me souviens

Des jours anciens

Et je pleure

Et je m’en vais,

Au vent mauvais

Qui m’emporte

Deça delà

Pareil  à la

Feuille morte.

            

          PAUL VERLAINE

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Posté par sylvie le 23 septembre 2007

Que serais-je sans toi?

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu’un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.

J’ai tout appris de toi pour ce qui me concerne
Qu’il fait jour à midi, qu’un ciel peut être bleu
Que le bonheur n’est pas un quinquet de taverne
Tu m’as pris par la main dans cet enfer moderne
Où l’homme ne sait plus ce que c’est qu’être deux
Tu m’as pris par la main comme un amant heureux.

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu’un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.

Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes
N’est-ce pas un sanglot que la déconvenue
Une corde brisée aux doigts du guitariste
Et pourtant je vous dis que le bonheur existe
Ailleurs que dans le rêve, ailleurs que dans les nues.
Terre, terre, voici ses rades inconnues.

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu’un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement. 
                                                 ARAGON

 dans POESIE  dans POESIE

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ET LA MER ET L’AMOUR

Posté par sylvie le 20 septembre 2007

10711.jpgET LA MER ET L’AMOUR sanblas6.jpg

Et la mer et l’amour ont l’amer pour partage,

Et l’amer est amère, et l’amour est amer

L’on s’abîme en l’amour aussi bien qu’en la mer

Car la mer et l’amour ne sont point sans orage.

Celui qui craint les eaux, qu’il demeure au rivage,

Celui qui craint les maux qu’on souffre pour aimer,

Qu’il ne se laisse pas à l’amour enflammer,

Et tous deux ils seront sans hasaurd de naufrage.

La mère de l’amour eut la mer pour berceau

Le feu sort de l’amour, sa mère sort de l’eau,

Mais l’eau contre ce feu ne peut fournir des braises

Si l’eau pouvait éteindre un brasier amoureux,

Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,

Que j’eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.

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