LE DESIR DE PEINDRE

Posté par sylvie le 13 avril 2016

Le Désir de peindre

Malheureux peut-être l’homme, mais heureux l’artiste que le désir déchire!

Je brûle de peindre celle qui m’est apparue si rarement et qui a fui si vite, commeune belle chose regrettable derrière le voyageur emporté dans la nuit. Comme il y alongtemps déjà qu’elle a disparu!

Elle est belle, et plus que belle; elle est surprenante. En elle le noir abonde: ettout ce qu’elle inspire est nocturne et profond. Ses yeux sont deux antres où scintillevaguement le mystère, et son regard illumine comme l’éclair: c’est une explosion dansles ténèbres.

Je la comparerais à un soleil noir, si l’on pouvait concevoir un astre noir versant lalumière et le bonheur. Mais elle fait plus volontiers penser à la lune, qui sans doutel’a marquée de sa redoutable influence; non pas la lune blanche des idylles, quiressemble à une froide mariée, mais la lune sinistre et enivrante, suspendue au fondd’une nuit orageuse et bousculée par les nuées qui courent; non pas la lune paisible etdiscrète visitant le sommeil des hommes purs, mais la lune arrachée du ciel, vaincue etrévoltée, que les Sorcières thessaliennes contraignent durement à danser sur l’herbeterrifiée!

Dans son petit front habitent la volonté tenace et l’amour de la proie. Cependant, aubas de ce visage inquiétant, où des narines mobiles aspirent l’inconnu et l’impossible,éclate, avec une grâce inexprimable, le rire d’une grande bouche, rouge et blanche, etdélicieuse, qui fait rêver au miracle d’une superbe fleur éclose dans un terrainvolcanique.

Il y a des femmes qui inspirent l’envie de les vaincre et de jouir d’elles; maiscelle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard.

Charles Baudelaire (1821- 1867)

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AUTOMNE

Posté par sylvie le 1 octobre 2015

Automne

Dans le brouillard s’en vont un paysan cagneux
Et son bœuf lentement dans le brouillard d’automne
Qui cache les hameaux pauvres et vergogneux

Et s’en allant là-bas le paysan chantonne
Une chanson d’amour et d’infidélité
Qui parle d’une bague et d’un cœur que l’on brise

Oh ! l’automne l’automne a fait mourir l’été
Dans le brouillard s’en vont deux silhouettes grises

Guillaume APOLLINAIRE

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Il AIMAIT LA MORT,ELLE AIMAIT LA VIE

Posté par sylvie le 30 mars 2015

IL PLEUTIL aimait la mort, elle aimait la vie

Il aimait la mort, et ses sombres promesses,
Avenir incertain d’un garcon en détresse,
Il voulait mourir, laisser partir sa peine,
Oublier tous ces jours à la même rengaine…

Elle aimait la vie, heureuse d’exister,
Voulait aider les gens et puis grandir en paix,
C’était un don du ciel, toujours souriante,
Fleurs et nature, qu’il pleuve ou qu’il vente.

Mais un beau jour, la chute commenca,
Ils tombèrent amoureux, mauvais choix,
Elle aimait la vie et il aimait la mort,
Qui d’entre les deux allait être plus fort?

Ils s’aimaient tellement, ils auraient tout sacrifié,
Amis et famille, capables de tout renier,
Tout donner pour s’aimer, tel était leur or,
Mais elle aimait la vie et il aimait la mort…
Si différents et pourtant plus proches que tout,
Se comprenant pour protéger un amour fou,
L’un ne rêvait que de mourir et de s’envoler,
L’autre d’une vie avec lui, loin des atrocités…

Fin de l’histoire : obligés de se séparer,
Ils s’étaient promis leur éternelle fidélité.
Aujourd’hui, le garcon torturé vit pour elle,
Puisque la fille, pour lui, a rendu ses ailes…

Il aimait la mort, elle aimait la vie,
Il vivait pour elle, elle est morte pour lui.

NEVER ‘ ( tiré d’une citation de SHAKESPEARE)

 

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LE CANCRE

Posté par sylvie le 9 mars 2015

ecolier

LE CANCRE

Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le coeur
il dit oui à ce qu’il aime
il dit non au professeur
il est debout
on le questionne
et tous les problèmes sont posés
soudain le fou rire le prend
et il efface tout
les chiffres et les mots
les dates et les noms
les phrases et les pièges
et malgré les menaces du maître
sous les huées des enfants prodiges
avec des craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur
il dessine le visage du bonheur

JACQUES PREVERT

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LES ENFANTS QUI S AIMENT

Posté par sylvie le 25 novembre 2014

LES ENFANTS QUI S’ AIMENT

Les enfants qui s’aiment s’embrassent debout

Contre les portes de la nuit

Et les passants qui passent les désignent du doigt

Mais les enfants qui s’aiment

Ne sont là pour personne

Et c’est seulement leur ombre

Qui tremble dans la nuit

Excitant la rage des passants

Leur rage, leur mépris, leurs rires et leur envie

Les enfants qui s’aiment ne sont là pour personne

Ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit

Bien plus haut que le jour

Dans l’éblouissante clarté de leur premier amour

JACQUES PREVERT

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PRIMAUTE DE LA POESIE

Posté par sylvie le 7 octobre 2014

Primauté de la poésie

Parmi tous les talents dont nous sommes nantis
Je crois que ce qui prime,  c’est bien la poésie
C’est beau les mathématiques
Mais très rébarbatif aussi
Le rêve n est pas permis
Deux et deux font quatre et c’est fini
La poésie , par contre , permet toutes les fantaisies
Ce qui est vrai aujourd’hui
Se transformera demain au gré de nos envies
Et c’est bien mieux ainsi

Deux et deux font quatre , c’est immuable
Berk , cette vérité incontournable
Me donne le cafard
Je préfère , avec Athéna
Déesse de la sagesse et des arts
Lire Baudelaire ou écouter Mozart
Ecrire un poème , un conte ou mon journal
La rigueur scientifique me sape le mental
Les économiste sont des matheux , voyez le résultat
Laissez place aux doux rêveurs du Mont Parnasse

Deux et deux font quatre , quelle monotonie
J’en suis paralysé comme un zombie
Aurais-je encore le goût de rire
Devant cette évidence qui me poursuit
C ‘est immuable et tout est dit
Deux et deux font quatre , j’en suis baba
Mais huit sur deux c’est aussi quatre
Et douze sur trois , et seize sur quatre
Alors , matheux , n’est-ce pas prétentieux
De te croire au-dessus des dieux

Arrive , Poète , prends enfin
Les choses en mains
Le monde s’en trouvera bien mieux
En étant un peu plus harmonieux
Rempli de la douceur de tes rimes
Il deviendra plus vrai , adieu la frime
Tu règleras nos maux par la candeur
De tes pensées tournées vers le bonheur
Et dites de mille façons
Sur tous les tons .

poésie trouvée sur le net ..

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SAISON DE SEMAILLES LE SOIR

Posté par sylvie le 20 septembre 2014

C’est le moment crépusculaire,

J’admire assis sous un portail,

Ce reste de jour dont s’éclaire

La dernière heure du travail.

Dans les terres, de nuit baignées,

Je contemple, ému, les haillons

D’un vieillard qui jette à poignées

La moisson future aux sillons.

Sa haute silhouette noire

Domine les profonds labours.

On sent à quel point il doit croire

A la fuite utile des jours.

Il marche dans la plaine immens

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Va, vient, lance la graine au loin,

Rouvre sa main et recommence,

Et    je médite, obscur témoin,

Pendant que déployant ses voiles,

L’ombre, où se mêle une rumeur,

Semble élargir jusqu’aux étoiles

Le geste auguste du semeur…

VICTOR HUGO

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LA FIN DES VACANCES

Posté par sylvie le 2 septembre 2014

Voici que la saison décline…

Voici que la saison décline,

L’ombre grandit, l’azur décroît,

Le vent fraîchit sur la colline,

L’oiseau frissonne, l’herbe a froid.

 

Août contre septembre lutte ;

L’océan n’a plus d’alcyon ;

Chaque jour perd une minute,

Chaque aurore pleure un rayon.

 

La mouche, comme prise au piège,

Est immobile à mon plafond ;

Et comme un blanc flocon de neige,

Petit à petit, l’été fond.

 

VICTOR HUGO

Fin des vacances

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L’ETE

Posté par sylvie le 21 juin 2014

coucher de soleil 33L’ETE

 

C’est l’été. Le soleil darde

Ses rayons intarissables

Sur l’étranger qui s’attarde

Au milieu des vastes sables.

Comme une liqueur subtile

Baignant l’horizon sans borne,

L’air qui du sol chaud distille

Fait trembloter le roc morne.

Le bois des arbres éclate.

Le tigre rayé, l’hyène

, Tirant leur langue écarlate,

Cherchent de l’eau dans la plaine.

Les éléphants vont en troupe,

Broyant sous leurs pieds les haies

Et soulevant de leur croupe

Les branchages des futaies.

Il n’est pas de grotte creuse

Où la chaleur ne pénètre.

Aucune vallée ombreuse

Où de l’herbe puisse naître.

Au jardin, sous un toit lisse

De bambou, Sitâ sommeille :

Une moue effleure et plisse

Parfois sa lèvre vermeille.

Sous la gaze, d’or rayée,

Où son beau corps s’enveloppe,

En s’étirant, l’ennuyée

Ouvre ses yeux d’antilope.

Mais elle attend, sous ce voile

Qui trahit sa beauté nue,

Qu’au ciel la première étoile

Annonce la nuit venue.

Déjà le soleil s’incline

Et dans la mer murmurante

Va, derrière la colline

, Mirer sa splendeur mourante.

Et la nature brûlée

Respire enfin.

La nuit brune

Revêt sa robe étoilée,

Et, calme, apparaît la lune.

Charles Cros, Le coffret de santal

 

 

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VERLAINE

Posté par sylvie le 18 juin 2014

GREEN

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches

Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous.

Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches

Et qu’à vos yeux si beaux l’humble présent soit doux.

J’arrive tout couvert encore de rosée

Que le vent du matin vient glacer à mon front

Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée

Rêve des chers instants qui la délasseront.

Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête

Toute sonore encor de vos derniers baisers,

Laissez la s’apaiser de la bonne tempête,

Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

PAUL VERLAINE

Amoureux, Verlaine a toujours été amoureux de l’idée même de l’amour sans jamais réussir à la conduire sur l’étroit sentier du    bonheur.

Amoureux de sa cousine Elisa Moncomble …. Frôlements de doigts, regards troublants, gestes équivoques sans doute, rendez vous secrets,    peut être, peut être plus encore… Sait-on ?

Mais Elisa se marie à quelqu’un d’autre, attend un enfant. L’enfant naît, sa mère en meurt.

Verlaine sombre. Son existence devient celle d’un naufragé qui s’accroche à la poèsie, à la fée verte – l’absinthe- , à ….Rimbaud    l’illuminé…

Tant de beauté dans ses poèmes, tant d’horreur dans sa vie- violence contre sa femme Mathilde, contre sa mère ….

Verlaine des extrêmes….

Pour nous, sa poèsie… Tout le reste pour l’oubli

bouquet d'anémones, le cannet, alpes-maritimes, france, juin 2006.

 

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