LES DEUX AMITIES

Posté par sylvie le 5 juin 2014

LES DEUX AMITIES

 

Il est deux Amitiés comme il est deux Amours.

L’une ressemble à l’imprudence;

Faite pour l’âge heureux dont elle a l’ignorance,

C’est une enfant qui rit toujours.
Bruyante, naïve, légère, Elle éclate en transports joyeux.

Aux préjugés du monde indocile, étrangère,

Elle confond les rangs et folâtre avec eux.
L’instinct du cœur est sa science,

Et son guide est la confiance.

L’enfance ne sait point haïr; Elle ignore qu’on peut trahir.
Si l’ennui dans ses yeux on l’éprouve à tout âge

Fait rouler quelques pleurs,

L’Amitié les arrête, et couvre ce nuage

D’un nuage de fleurs.
On la voit s’élancer près de l’enfant qu’elle aime,

Caresser la douleur sans la comprendre encor,

Lui jeter des bouquets moins riants qu’elle-même,

L’obliger à la fuite et reprendre l’essor.
C’est elle, ô ma première amie !

Dont la chaîne s’étend pour nous unir toujours.

Elle embellit par toi l’aurore de ma vie,

Elle en doit embellir encor les derniers jours.
Oh ! que son empire est aimable

! Qu’il répand un charme ineffable

Sur la jeunesse et l’avenir,

Ce doux reflet du souvenir

.
Ce rêve pur de notre enfance

En a prolongé l’innocence;

L’Amour, le temps, l’absence, le malheur,

Semblent le respecter dans le fond de mon cœur.
Il traverse avec nous la saison des orages,

Comme un rayon du ciel qui nous guide et nous luit :

C’est, ma chère, un jour sans nuages

Qui prépare une douce nuit.
L’autre Amitié , plus grave, plus austère,

Se donne avec lenteur, choisit avec mystère;

Elle observe en silence et craint de s’avancer;

Elle écarte les fleurs, de peur de s’y blesser.
Choisissant la raison pour conseil et pour guide,

Elle voit par ses yeux et marche sur ses pas :

Son abord est craintif, son regard est timide;

Elle attend, et ne prévient pas.

MARCELLINE DESBORDES-VALMORE

en pleine lecture

 

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L’ESPRIT FAMILIER

Posté par sylvie le 14 mars 2014

L’ESPRIT FAMILIER

 

De sa fourrure blonde et brune

,Sort un parfum si doux qu’un soir

J’en fus embaumé pour l’avoir

Caressé une fois,rien qu’une.. 

 

C’est l’esprit familier du lieu,

  Il juge, il préside, il inspire,

Toutes choses dans son empire.

Peut être est-il fée,est-il dieu.

Quand mes yeux vers ce chat que j’aime,

Tirés comme par un aimant

Se retournent docilement

Et que je regarde en moi même,

 

Je vois avec étonnement

Le feu de ses prunelles pâles,

Clairs fanaux,vivantes opales,

Qui me contemplent fixement.

 

CHARLES BAUDELAIRE  ( Les Fleurs du Mal)

 

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PAUL VERLAINE

Posté par sylvie le 17 février 2014

PAUL VERLAINE

Amoureux, Verlaine a toujours été amoureux de l’idée même de l’amour sans jamais réussir à la conduire sur l’étroit sentier du    bonheur.

Amoureux de sa cousine Elisa Moncomble …. Frôlements de doigts, regards troublants, gestes équivoques sans doute, rendez vous secrets,    peut être, peut être plus encore… Sait-on ?

Mais Elisa se marie à quelqu’un d’autre, attend un enfant. L’enfant naît, sa mère en meurt.

Verlaine sombre. Son existence devient celle d’un naufragé qui s’accroche à la poèsie, à la fée verte – l’absinthe- , à ….Rimbaud    l’illuminé…

Tant de beauté dans ses poèmes, tant d’horreur dans sa vie- violence contre sa femme Mathilde, contre sa mère ….

Verlaine des extrêmes….

Pour nous, sa poèsie… Tout le reste pour l’oubli

bouquet d'anémones, le cannet, alpes-maritimes, france, juin 2006.

Souvenir, souvenir, que me veux-tu ?  L’automne
Faisait voler la grive à travers l’air atone,
Et le soleil dardait un rayon monotone
Sur le bois jaunissant où la bise détone.

Nous étions seul à seule et marchions en rêvant,
Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent.
Soudain, tournant vers moi son regard émouvant
 » Quel fut ton plus beau jour?  » fit sa voix d’or vivant,

Sa voix douce et sonore, au frais timbre angélique.
Un sourire discret lui donna la réplique,
Et je baisai sa main blanche, dévotement.

- Ah ! les premières fleurs, qu’elles sont parfumées !
Et qu’il bruit avec un murmure charmant
Le premier oui qui sort de lèvres bien-aimées !

PAUL VERLAINE

Verlaine est considéré avec Baudelaire comme le père du symbolisme. Ce courant littéraire et culturel européen privilégie un sens du mystère, l’idée de correspondances entre les sens, et la lecture du monde et de la nature comme un réseau de symboles. Mais Verlaine est aussi marqué par le courant romantique et il reprend la mélancolie, la solitude, le thème amoureux et le goût de la nature. Enfin, il adopte en partie un troisième courant, celui du Parnasse, caractérisé par un refus des sentiments, une forme poétique assez courte, une grande recherche formelle (rimes, sonorité, rythme), et la conception de la poésie comme une belle description, un objet d’art sculpté. Dans son premier recueil, Les poèmes saturniens, Verlaine hésite entre ces trois options poétiques. Le poème Nevermore appartient plutôt au style romantique par le souvenir lyrique d’un premier amour qui marque pur la vie entière. L’évocation discrète de la femme aimée et idéalisée et le cadre naturel du sonnet sont les ingrédients typiquement romantiques d’un poème qui joue sur la réécriture.

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GREEN

Posté par sylvie le 11 décembre 2013

 

GREEN

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches,

Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous.

Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches

Et qu’à vos yeux si beaux l’humble présent soit doux.

J’arrive tout couvert encore de rosée,

Que le vent du matin vient glacer à mon front.

Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée

Rêve des chers instants qui la délasseront

.Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête

Toute sonore encore de vos derniers baisers,

Laissez la s’apaiser de la bonne tempête

Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

PAUL VERLAINE

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LA MER

Posté par sylvie le 20 juin 2013

La mer est plus belle

La mer est plus belle
Que les cathédrales,
Nourrice fidèle,
Berceuse de râles,
La mer sur qui prie
La Vierge Marie !

Elle a tous les dons
Terribles et doux.
J’entends ses pardons
Gronder ses courroux.
Cette immensité
N’a rien d’entêté.

Oh ! si patiente,
Même quand méchante !
Un souffle ami hante
La vague, et nous chante :
 » Vous sans espérance,
Mourez sans souffrance !  »

Et puis sous les cieux
Qui s’y rient plus clairs,
Elle a des airs bleus,
Roses, gris et verts…
Plus belle que tous,
Meilleure que nous !

PAUL VERLAINE

LA MER dans POESIE tube-mer-agitee

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LE BONHEUR

Posté par sylvie le 8 avril 2013

Le bonheur.

Pour apaiser l’enfant qui, ce soir, n’est pas sage,
Églé, cédant enfin, dégrafe son corsage,
D’où sort, globe de neige, un sein gonflé de lait.
L’enfant, calmé soudain, a vu ce qu’il voulait,
Et de ses petits doigts pétrissant la chair blanche
Colle une bouche avide au beau sein qui se penche.
Églé sourit, heureuse et chaste en ses pensers,
Et si pure de cœur sous les longs cils baissés.
Le feu brille dans l’âtre ; et la flamme, au passage,
D’un joyeux reflet rose éclaire son visage,
Cependant qu’au dehors le vent mène un grand bruit…
L’enfant s’est détaché, mûr enfin pour la nuit,
Et, les yeux clos, s’endort d’un bon sommeil sans fièvres,
Une goutte de lait tremblante encore aux lèvres.
La mère, suspendue au souffle égal et doux,
Le contemple, étendu, tout nu, sur ses genoux,
Et, gagnée à son tour au grand calme qui tombe,
Incline son beau col flexible de colombe ;
Et, là-bas, sous la lampe au rayon studieux,
Le père au large front, qui vit parmi les dieux,
Laissant le livre antique, un instant considère,
Double miroir d’amour, l’enfant avec la mère,
Et dans la chambre sainte, où bat un triple cœur,
Adore la présence auguste du bonheur.

Albert Samain.

LE BONHEUR dans POESIE 11679359-mere-allaitant-son-nouveau-ne-petit

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TRISTESSE DE LA LUNE

Posté par sylvie le 10 février 2013

Image de prévisualisation YouTubeTRISTESSE DE LA LUNE dans POESIE lune-00

Tristesses de la lune

Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse ;
Ainsi qu’une beauté, sur de nombreux coussins,
Qui d’une main distraite et légère caresse
Avant de s’endormir le contour de ses seins,

Sur le dos satiné des molles avalanches,
Mourante, elle se livre aux longues pâmoisons,
Et promène ses yeux sur les visions blanches
Qui montent dans l’azur comme des floraisons.

Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,
Elle laisse filer une larme furtive,
Un poète pieux, ennemi du sommeil,

Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,
Aux reflets irisés comme un fragment d’opale,
Et la met dans son coeur loin des yeux du soleil.

CHARLES BAUDELAIRE

 

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AUX ARBRES

Posté par sylvie le 22 janvier 2013

Aux arbres

Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme!
Au gré des envieux, la foule loue et blâme ;
Vous me connaissez, vous! – vous m’avez vu souvent,
Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
Une humble goutte d’eau de fleur en fleur tombée,
Un nuage, un oiseau, m’occupent tout un jour.
La contemplation m’emplit le coeur d’amour.
Vous m’avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
Avec ces mots que dit l’esprit à la nature,
Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
Et du même regard poursuivre en même temps,
Pensif, le front baissé, l’oeil dans l’herbe profonde,
L’étude d’un atome et l’étude du monde.
Attentif à vos bruits qui parlent tous un peu,
Arbres, vous m’avez vu fuir l’homme et chercher Dieu!
Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches,
Nids dont le vent au loin sème les plumes blanches,
Clairières, vallons verts, déserts sombres et doux,
Vous savez que je suis calme et pur comme vous.
Comme au ciel vos parfums, mon culte à Dieu s’élance,
Et je suis plein d’oubli comme vous de silence!
La haine sur mon nom répand en vain son fiel ;
Toujours, – je vous atteste, ô bois aimés du ciel! -
J’ai chassé loin de moi toute pensée amère,
Et mon coeur est encor tel que le fit ma mère!

Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours,
Je vous aime, et vous, lierre au seuil des autres sourds,
Ravins où l’on entend filtrer les sources vives,
Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives!
Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,
Dans tout ce qui m’entoure et me cache à la fois,
Dans votre solitude où je rentre en moi-même,
Je sens quelqu’un de grand qui m’écoute et qui m’aime!
Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparaît,
Arbres religieux, chênes, mousses, forêt,
Forêt! c’est dans votre ombre et dans votre mystère,
C’est sous votre branchage auguste et solitaire,
Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
Et que je veux dormir quand je m’endormirai

VICTOR HUGO

 

AUX ARBRES dans POESIE autom

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INVITATION AU VOYAGE

Posté par sylvie le 8 janvier 2013

l'invitation au voyage                      17735

de charles
baudelaire

L’INVITATION AU VOYAGE

Mon enfant, ma soeur,

Songe à la douceur

D’aller vivre là – bas ensemble!

Aimer à loisir

Aimer et mourir

Au pays qui te ressemble

Les soleils mouillés

De ces ciels brouillés

Pour mon esprit ont les charmes

Si mystérieux de tes traitres yeux

Brillant à travers leurs larmes.

La, tout n’est qu’ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,

Polis par les ans,

Décoreraient notre chambre,

Les plus rares fleurs

Mêlant leurs odeurs

Aux vagues senteurs de l’ambre

Les riches plafonds,

Les miroirs profonds,

La splendeur orientale,

Tout y parlerait à l’âme en secret

Sa douce langue natale.

La , tout n’est qu’ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux

Dormir ces vaisseaux

Dont l’humeur est vagabonde,

C’est pour assouvir ton moindre désir,

Qu’ils viennent du bout du monde

Les soleils couchants

Revêtent les champs

Les canaux,

La ville entière,

D’hyacinthes et d’or,

Le monde s’endort

Dans une chaude lumière.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

Luxe , calme et volupté.

CHARLES BAUDELAIRE   Les Fleurs du Mal

mes tubes romantique

Les Fleurs du mal sont un recueil  poétique de Baudelaire publié en 1857, reprenant toutes ses créations depuis  1840. L’ouvrage a été retouché en 1861 après avoir été condamné en justice pour  immoralité, puis complété à titre posthume en 1868 pour sa dernière édition.  Baudelaire y évoque ses tourments internes, la fêlure qui meurtrit son âme, la  lutte sans fin entre le Spleen et l’Idéal qui le consume inexorablement.


« L’invitation au voyage » est un poème versifié célèbre extrait de la  première (et majeure) partie du recueil intitulée « Spleen et Idéal ». Il a été inspiré par Marie Daubrun, une actrice dont le poète s’est brièvement  mais intensément épris. Baudelaire lui déclare ici un amour plus mystique que  sensuel. Le voyage auquel le poète invite sa bien-aimée n’est qu’une promesse de  voyage s’épanouissant dans le rêve. C’est une invitation à se rendre dans un  lieu privilégié, un lieu idéal censé apporter un remède et un réconfort au poète  qui lutte avec le spleen. La quête de ce pays lointain se confond un moment avec  l’évocation de la femme aimée. Baudelaire s’adresse à elle car il est sûr  qu’elle communie à sa vision inspirée. Il s’agit d’une rêverie devant des  tableaux de Vermeer et de Ruysdael. En effet cette contrée pourrait bien être la  Hollande, « Pays singulier, noyé dans les brumes de notre Nord, et qu’on  pourrait appeler l’Orient de l’Occident, la Chine de l’Europe, » écrira  plus tard Baudelaire dans les Petits Poèmes en prose. C’est un moderne « embarquement pour Cythère » où il s’agit d’aller vivre avec la femme  aimée, muse du poète, loin des dures réalités ordinaires.

 

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A UNE FEMME

Posté par sylvie le 2 novembre 2012

De Victor Hugo

A une femme

Enfant ! si j’étais roi, je donnerais
l’empire,
Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux
Et ma
couronne d’or, et mes bains de porphyre,
Et mes flottes, à qui la mer ne peut suffire,
Pour un regard de vous !

Si j’étais Dieu,
la terre et l’air avec les ondes,
Les anges, les démons courbés devant ma loi,
Et le profond
chaos aux entrailles fécondes,
L’éternité, l’espace, et les cieux, et les
mondes,
Pour un baiser de toi !

VICTOR HUGO

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