L’AUTOMNE

Posté par sylvie le 5 novembre 2018

L’automne.  (Victor Hugo)  

L’aube est moins claire, l’air moins chaud,

le ciel est pur, les longs jours sont passés,

les mois charmants finissent.

Hélas! voici déjà les arbres qui jaunissent!

L’automne est triste avec sa bise et son brouillard,

et l’été qui s’enfuit est un ami qui part.

kbgp2ey2

 

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CE QUE DISENT LES HIRONDELLES

Posté par sylvie le 14 avril 2018

Ce que disent les hirondelles

Déjà plus d’une feuille sèche
Parsème les gazons jaunis;
Soir et matin, la brise est fraîche,
Hélas! les beaux jours sont finis!

On voit s’ouvrir les fleurs que garde
Le jardin, pour dernier trésor:
Le dahlia met sa cocarde
Et le souci sa toque d’or.

La pluie au bassin fait des bulles;
Les hirondelles sur le toit
Tiennent des conciliabules:
Voici l’hiver, voici le froid!

Elles s’assemblent par centaines,
Se concertant pour le départ.
L’une dit: « Oh! que dans Athènes
Il fait bon sur le vieux rempart!

« Tous les ans j’y vais et je niche
Aux métopes du Parthénon.
Mon nid bouche dans la corniche
Le trou d’un boulet de canon. »

L’autre:  » J’ai ma petite chambre
À Smyrne, au plafond d’un café.
Les Hadjis comptent leurs grains d’ambre
Sur le seuil, d’un rayon chauffé.

J’entre et je sors, accoutumée
Aux blondes vapeurs des chibouchs,
Et parmi des flots de fumée,
Je rase turbans et tarbouchs. »

Celle-ci: « J’habite un triglyphe
Au fronton d’un temple, à Balbeck.
Je m’y suspends avec ma griffe
Sur mes petits au large bec. »

Celle-là: » Voici mon adresse:
Rhodes, palais des chevaliers;
Chaque hiver, ma tente s’y dresse
Au chapiteau des noirs piliers. »

La cinquième:  » Je ferai halte,
Car l’âge m’alourdit un peu,
Aux blanches terrasses de Malte,
Entre l’eau bleue et le ciel bleu. « 

La sixième:  » Qu’on est à l’aise
Au Caire, en haut des minarets!
J’empâte un ornement de glaise,
Et mes quartiers d’hiver sont prêts. »

 » À la seconde cataracte,
Fait la dernière, j’ai mon nid;
J’en au noté la place exacte,
Dans le pschent d’un roi de granit. « 

Toutes:  » Demain , combien de lieues
Auront filé sous notre essaim,
Plaines brunes, pics blancs, mers bleues
Brodant d’écume leur bassin! « 

Avec cris et battement d’ailes,
Sur la moulure aux bords étroits,
Ainsi jasent les hirondelles,
Voyant venir la rouille aux bois.

Je comprends tout ce qu’elles disent,
Car le poète est un oiseau;
Mais, captif, ses élans se brisent
Contre un invisible réseau!

Des ailes! des ailes! des ailes!
Comme dans le chant de Rückert,
Pour voler, là-bas avec elles
Au soleil d’or, au printemps vert!

Théophile Gautier

seule sur le sable

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VOICI MAI

Posté par sylvie le 1 mai 2016

Cloches naïves du muguet,
Carillonnez ! car voici Mai !

Sous une averse de lumière,
Les arbres chantent au verger,
Et les graines du potager
Sortent en riant de la terre.

Carillonnez ! car voici Mai !
Cloches naïves du muguet !

Les yeux brillants, l’âme légère,
Les fillettes s’en vont au bois
Rejoindre les fées qui, déjà,
Dansent en rond sur la bruyère.

Carillonnez ! car voici Mai !
Cloches naïves du muguet ! »
Maurice Carême

mu22G

BON PREMIER MAI A TOUS !

 

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OCEANO NOX

Posté par sylvie le 26 décembre 2015

Au-delà de nos souvenirs de récitation d’enfance j’ai souhaité faire revivre l’homme qu’était Victor Hugo, l’homme dont les poèmes sont le miroir des émotions sur toute la gamme des sentiments qu’il vécut : des premiers émois amoureux dans une Espagne vibrante de sensualité aux larmes de deuil, quand meurt sa fille Léopoldine, en passant par les poèmes pour les heures gaies..

 

Ces poèmes sont la biographie poètique d’un être exceptionnel qui communiquait avec toutes celles et tous ceux qui l’approchaient dans un élan charismatique intense..  C’est le journal de bord d’un homme qui communiquait avec les fleurs, les oiseaux, l’Océan,, les clochers des cathédrales et les plus humbles objets parce qu’il avait le don insigne de tout créditer  d’une âme… Les poèmes de Victor Hugo sont l’essence de la poèsie et l’essence même de la vie …

OCEANO NOX

Oh! combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour de courses lointaines
Dans ce morne horizon se sont évanouis!
Combien ont disparu, dure et triste fortune!
Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune
Sous l’aveugle océan à jamais enfouis!

Combien de patrons morts avec leur équipage!
L’ouragon de leur vie a pris toutes les pages
Et d’un souffle il a tout dispersé sur les flots!
Nul ne saura leur fin dans l’abîme plongée
Chaque vague en passant d’un butin s’est chargée
L’une a saisi l’esquif, l’autre les matelots!

Nul ne sait votre sort, pauvres têtes perdues!
Vous roulez à travers les sombres étendues,
Heurtant de vos fronts morts des écueils inconnus;
oh ! que de vieux parents, qui n’avaient plus qu’un rêve
Sont morts en attendant tous les jours sur la grève
Ceux qui ne sont pas revenus!

On s’entretient de vous  parfois dans les veillées
Maint joyeux cercle, assis sur des ancres rouillées
Mêle encor quelque temps vos  noms d’ombre couverts
Aux rires, aux refrains, aux récits d’aventures,
Aux baisers qu’on dérobe à vos belles futures
Tandis que vous dormez dans les goëmons verts!

On demande :  » Ou sont -ils? Sont-ils rois dans quelque île ?
Nous ont-ils délaissés pour un bord plus fertile?
Puis votre souvenir même est enseveli.
Le corps se perd dans l’eau,, le nom dans la mémoire,
Le temps, qui sur toute ombre en  verse une plus noire
Sur le sombre océan jette le sombre oubli.

tempête

Bientôt des yeux de tous votre ombre est disparue.
L’un n’at-il pas sa barque et l’autre sa charrue?
Seules, durant ces nuits où l’orage est vainqueur
Vos veuves aux fronts blancs, lasses de vous attendre
Parlent encore de vous en remuant la cendre
De leur foyer et de leur coeur.

Et quand la tombe enfin a fermé leur paupiere
Rien ne sait plus vos noms, pas même une humble pierre
Dans l’étroit cimetière où l’écho nous répond.
Pas meme un saule vert qui s’effeuille à l’automne
Pas même la chanson naïve et monotone
Que chante un mendiant à l’angle d’un vieux pont!

Où sont-ils, les marins sombrés dans les nuits noires?
O flots, que vous savez de lugubres histoires!!
Flots profonds redoutés des mères à genoux!

Vous vous les racontez en montant les marées,

Et c’est ce qui vous fait ces voix désespérées

Que vous avez le soir quand vous venez vers nous.

VICTOR HUGO

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